Turquie – Côte turquoise


 

 

 

Myra Simena Patara Dalyan
Hierapolis – Pamukkale Aphrodisia Ruines d’Aspendos Tapis Turcs Joaillerie Turque Cuirs Turcs
Antalya Ville d’Antalya Musée Marché couvert Chutes de Karpuzkaldiran
Personnages Famille

 

 

 

Myra
Myre (en français) est une ville antique de Lycie, au Sud-Ouest de l’Anatolie, sur le fleuve Myros. Elle s’appelle en grec τα Μύρα ou η Μύρα, en latin et en anglais Myra. Il semble que ce nom soit lycien, la racine ” Myrrh” pouvant signifier “la cité de la déesse mère”.

Le site de Myre est occupé aujourd’hui par la ville turque de Demre qui comptait 15 972 habitants en 2007. Outre le tourisme, la principale activité économique repose sur la production de fruits et légumes des environs (citrons, grenades et cultures sous serres). Myre existe depuis le Ve siècle av. J.-C., mais elle n’est mentionnée dans des écrits connus qu’à partir du Ier siècle : elle est citée par Strabon comme étant une ville importante de la confédération lycienne (-168 à +43). À l’époque romaine, au début de notre ère, Myre était la métropole de la Lycie et devait en grande partie sa prospérité au commerce du murex et de la pourpre qui en était extraite. L’un de ses évêques du début du IVe siècle, saint Nicolas de Myre est un des saints les plus populaires de toute la chrétienté, il contribue à faire connaître le nom de Myre dans des pays très éloignés de l’Anatolie.

Au siècle suivant, la ville devint la capitale de l’éparchie byzantine de Lycie sous Théodose II, qui régna de 408 à 450. À l’issue d’un siège en 809, la ville fut prise par les Abbassides, conduits par le calife Haroun ar-Rachid. Cet événement marqua le début de son déclin. Au début du règne d’Alexis Ier Comnène (1081 – 1118), Myre fut reprise par d’autres envahisseurs, les Seldjoukides. Dans la confusion, des marins de Bari emportèrent les reliques de Saint Nicolas, qui arrivèrent à Bari le 9 mai 1087. C’est vers cette ville que se rendirent désormais les pèlerins.

Myra est surtout connue pour sa nécropole qui est constituée, comme celle de Telmessos, de tombeaux rupestres percés dans la falaise, que l’on date du Ve siècle av. J.-C. Les tombeaux sont décorés d’une représentation soit du mort, soit de ses parents ou encore de ses amis. Le plus connu est dénommé “Tombeau du lion” ; il était encore peint de rouge, de bleu et de jaune lorsqu’il fut décrit par le voyageur Charles Fellows en 1840.

Des vestiges romains, partiellement dégagés, comportent pour l’essentiel des thermes et un théâtre. Celui-ci fut détruit en 141 par un tremblement de terre et rebâti ensuite.

 

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Simena
 L’antique Simena, appelée aujourd’hui “Kale” ou anciennement Kaleköy, est un village et un site archéologique de l’antiquité en province de Lycie (Turquie). Il est situé dans l’un des endroits les plus beaux de la côte turque.

C’est un petit village avec ses vestiges, en partie immergés, comprenant la cité ancienne de “Aperlae” avec son château; on y voit notamment d’anciens sarcophages. C’est aussi une station balnéaire avec ses restaurants de poisson et ses plats typiques de cuisine turque.

Sur l’île d’en face, se trouvent les vestiges d’Apollonie de Lycie.

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Patara
Patara (en grec : Patara, Πάταρα), francisé en Patare, est un antique port de Lycie, comblé depuis par la vase et réduit aujourd’hui à l’état de marais. C’est une des plus importantes et des plus anciennes cités de Lycie ; elle bénéficiait d’un triple droit de vote dans la confédération Lycienne. Elle est déjà connue par les Hittites sous le nom de Patar. Selon la légende, la cité aurait été fondée par le fils d’Apollon, Pataros et une nymphe. Elle serait aussi le lieu de naissance d’Apollon. La ville était célèbre pour son Oracle d’Apollon qui s’y tenait durant les six mois d’hiver (les six autres mois il était à Délos).

Durant la période hellénistique, le port de Patara a été utilisé comme base navale, en -315 par le roi de Macédoine Antigonos Monophtalmos (-384/-301). Puis par les Ptolémées, qui sous leur occupation rebaptisèrent la ville Arsinoé, puis en -190 par le Roi Séleucide Antiochos III (-223/-187). Par la suite, elle devient le siège des gouverneurs romains qui y fixent la flotte qui établissait les transactions avec les provinces de l’Est. Durant cette période, la cité devient la capitale des provinces romaines de Lycie et de Pamphylie. Le port sert aussi de réserve pour les produits agricoles en attente d’expédition vers Rome. C’est à Patara que saint Paul se serait embarqué pour la Phénicie et saint Nicolas y serait né.

Il demeure aujourd’hui de l’antique cité quelques monuments qui ont été sauvés des sables, notamment :

  • La Nécropole contenant des sarcophages Lyciens et des tombeaux Romains,
  • L’arc de triomphe,
  • Une porte monumentale qui était l’entrée de la cité et qui fut construit en 100 Ap. J.-C. par le gouverneur Romain Mettius Modestus,
  • Le Théâtre qui est construit en 147 Ap. J.-C.,
  • L’Ecclesterium qui était le plus grand bâtiment administratif d’Asie Mineure,
  • Un temple corinthien entouré par les remparts de la forteresse byzantine etc.

Un grand buste d’Apollon a été découvert sur la colline voisine de la Ville, ce qui indique l’existence d’un Temple d’Apollon à cet endroit, mais qui n’a pas encore pu être localisé précisément.

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Dalyan
Une petite sortie en bateau, cela vous tente ? Alors, c’est parti !
Vous allez voir les tombeaux troglodytes de Dalyan, vous laisser bercer sur les eaux salées paisibles parmi les roseaux jusqu’à l’île des tortues et rester face à la mer, écouter chanter les vagues !
Tout le monde dans le bateau !

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Hierapolis – Pamukkale
Fondée au IIe siècle av. J.-C. par Eumène II, roi de Pergame, la cité antique de Hiérapolis se trouve au sommet de la butte de Pamukkale, dominant la plaine de 70 mètres. Elle se développa grâce à l’exploitation de ses sources thermales. Hiéra était le nom de la femme de Télèphe, fondateur légendaire de Pergame. La ville était dédiée à Pluton et à Apollon, qui avait un oracle dans les sous-sols du temple d’Apollon.

En -133, la cité, avec le royaume de Pergame, passa sous autorité romaine. C’est donc par les Romains que la plupart des bâtiments furent édifiés, après la destruction complète de la ville par un violent séisme, en 60. De nombreuses constructions furent réalisées ou retravaillées durant les IIe et IIIe siècles, surtout pendant le règne de Septime Sévère (193-211) : le théâtre, des thermes, un gymnase et enfin un rempart avec 28 tours carrées et deux portes. D’autres portes, construites à la fin du premier siècle se retrouvaient ainsi à l’intérieur du rempart. À cette époque, on estime que la ville abritait quelque 100 000 habitants, dont une importante communauté juive, venue de Mésopotamie au Ier siècle av. J.-C. et de Palestine ultérieurement. Constantin fit de la ville la capitale de la région phrygienne.La cité se développa encore à l’époque chrétienne. Le premier évêque en fut auteur de cinq livres d’. Un martyrium y fut érigé à la fin du  siècle ou au début du VIe en l’honneur de qui y fut crucifié en 80, et en 2011, une équipe d’archéologues italiens dirigée par estime avoir découvert sa tombe. En 531, l’empereur byzantin Justinien éleva l’évêque de Hiérapolis au rang de métropolitain. Plusieurs églises furent implantées, parfois dans des bâtiments préexistants. En particulier, les thermes furent transformés en basilique chrétienne.

La cité se développa encore à l’époque chrétienne. Le premier évêque en fut Papias auteur de cinq livres d’Exégèses des paroles du Seigneur. Un martyrium y fut érigé à la fin du Ve siècle ou au début du VIe en l’honneur de saint Philippe qui y fut crucifié en 80, et en 2011, une équipe d’archéologues italiens dirigée par Francesco d’Andria estime avoir découvert sa tombe. En 531, l’empereur byzantin Justinien éleva l’évêque de Hiérapolis au rang de métropolitain. Plusieurs églises furent implantées, parfois dans des bâtiments préexistants. En particulier, les thermes furent transformés en basilique chrétienne.

Au début du VIIe siècle, la ville fut dévastée par les armées persanes et par un tremblement de terre.Le déclin de Hiérapolis se produisit surtout au XIIe siècle : les Seldjoukides du sultanat de Konya en prirent le contrôle. Puis, en 1190, elle fut conquise par les Croisés conduits par Frédéric Barberousse. La cité fut complètement abandonnée à la fin du XIVe siècle, et un nouveau tremblement de terre acheva de la détruire en 1554.

Hiérapolis fut d’abord fouillée par l’archéologue allemand Carl Humann en juin et juillet 1887. À partir de 1957, des scientifiques italiens, sous la conduite de Paolo Verzone, entreprirent de nouvelles fouilles et un long et remarquable travail de restauration. Beaucoup de statues et de frises furent toutefois emportées à Londres, Rome et Berlin. Mais un musée fut créé en 1970 sur le site, dans les anciens thermes.La cité hellénistique est bâtie selon un plan en damier, de part et d’autre de l’avenue principale. Celle-ci est orientée nord-sud et mesure environ 1 500 m. À chaque extrémité se dresse une porte monumentale flanquée de tours. Une autre porte, dite « porte de Domitien » est proche de la porte nord. Il s’agit plutôt en fait d’un arc de triomphe à trois arches flanqué de deux grosses tours rondes qu’a fait construire le proconsul Frontinius.

Le premier théâtre fut construit après le séisme de l’an 17, reconstruit après celui de 60 et maintes fois remanié, en particulier sous Hadrien et Septime Sévère. Orné de nombreux bas-reliefs et statues, visibles pour certaines dans le musée, il pouvait accueillir 15 000 personnes.

Du temple d’Apollon ne subsistent que les fondations, mais son aspect est bien connu, du fait qu’il figurait sur les pièces de monnaies locales. Il était à l’origine de style dorique, puis il fut reconstruit à la manière romaine. Comme à Delphes et à Didyme, on y délivrait des oracles. Construit sur une faille géologique, il communiquait avec le Plutonium, c’est-à-dire le sanctuaire de Pluton, dieu des Enfers. Ce sanctuaire jouissait d’une grande notoriété, puisque plusieurs auteurs latins, dont Strabon, nous le décrivent. Il s’agit pourtant d’une caverne de petite dimension. Mais elle dégageait des gaz suffocants qui s’évaporaient des flots d’eau chaude qui y coulaient et qui étaient censés être envoyés par Pluton. Une vaste zone, devant l’entrée, était interdite d’accès. Dans les temps anciens, des prêtres castrés y conduisaient des animaux, qui y mouraient. Selon Pline l’Ancien4, eux-mêmes y pénétraient, et le fait qu’ils en sortaient vivants les faisaient passer pour des miraculés, favorisés des dieux, ce qui leur conférait un grand prestige.

Le Nymphéum se trouve dans l’aire sacrée, devant le temple d’Apollon. Il date du IIe siècle et était consacré aux Nymphes, déesses des eaux. Une fontaine monumentale distribuait l’eau dans la cité par un réseau complexe de tuyauteries. Le Nymphéum fut réparé au Ve siècle avec des éléments du temple d’Apollon, dont il coupa la vue. Les statues qui s’y trouvaient sont exposées au musée.

Tout le long du site, surtout du côté Nord, se trouve une vaste nécropole, qui compte plus de 1 200 tombes de différentes époques. De nombreuses personnes étrangères à la ville et venues pour y recevoir des traitements médicaux y furent ensevelies, dans des tombeaux de styles divers, conformes à la provenance des défunts. Les monuments funéraires sont essentiellement de quatre types :

  • De simples tombes, pour le commun du peuple.
  • Des sarcophages, souvent de marbre et recouverts d’un toit à double pente. Ils comportent des bas-reliefs et des épitaphes, qui livrent de nombreuses informations sur les populations de leur époque.
  • Des tumulus circulaires comportant une chambre voûtée à l’intérieur.
  • De grandes tombes familiales, ayant l’aspect de temples.

Du côté nord de la nécropole, un bas-relief du IIIe siècle sur le sarcophage d’un certain Marcus Aurelius Ammianos, représente la plus ancienne machine connue comportant un système de bielles et manivelles. Cette machinerie actionnait deux scies à pierre et tirait son énergie d’une roue hydraulique. Le bas-relief est associé à une inscription en grec.

Le Martyrium de saint Philippe date du Ve siècle. Selon la tradition chrétienne, il s’agit de l’apôtre Philippe, qui fut crucifié ici la tête en bas, mais cette interprétation a été discutée. Le Martyrium possédait une structure octogonale d’un diamètre de 20 mètres, surmonté d’un dôme recouvert de plomb. Il était entouré de huit pièces rectangulaires, accessibles chacune par trois arches. L’espace entre ces pièces était occupé par des chapelles aux absides triangulaires. L’ensemble était entouré d’une colonnade. Le tombeau de saint Philippe aurait été retrouvé sur le site, près du martyrium, fin juillet 2011

La piscine antique : à l’époque impériale romaine, une quinzaine de bains et piscines étaient à la disposition des visiteurs. Celle qui subsiste aujourd’hui, et qui est toujours exploitée, vit son portique s’écrouler lors du séisme du VIIe siècle.

Les anciens thermes romains abritent aujourd’hui le musée archéologique de Hiérapolis. En plus de pièces trouvées sur place, il expose des objets provenant d’autres sites de la région : Laodicée, Colossae, Tripolis, Attuda, ainsi que des pièces de l’âge du bronze provenant du site de Beycesultan Hüyük. Des éléments architectoniques sont exposés en plein air ; à l’intérieur de l’édifice, on trouve

  • la galerie des tombes et des statues : pierres tombales, statues romaines de style hellénistique de Tyché, Dionysos, Pan, Asklépios, Isis, Déméter, avec des représentations des coutumes funéraires locales ; beaux exemples de sarcophages en terre cuite, spécifiques de la région.
  • une salle consacrée aux petits objets artisanaux. Il s’agit de pièces, provenant de diverses civilisations, dont les plus anciennes remontent à 4 000 ans et les plus récentes à la période ottomane.
  • la galerie des ruines du théâtre. Certains bas-reliefs exposés ici ont été remplacés par des copies sur le site. Ils mettent en scène Apollon, Artémis, Dionysos et le couronnement de Septime Sévère. Il y a aussi des représentations de Léto, de Perséphone et Hadès, d’Attale et Eumènes, ainsi que des sphinx sculptés. Des stèles affichent des inscriptions qui concernent des décisions de l’assemblée.

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Aphrodisia
Aphrodisias (en grec: Ἀφροδισιάς) est une petite cité antique de Carie, en Asie Mineure. Le site archéologique est situé près du village de Geyre, en Turquie, à environ 230 km d’Izmir.

Aphrodisias doit son nom à Aphrodite, la déesse grecque de l’amour qui avait, dans le sanctuaire de la ville, son unique statue de culte : l’Aphrodite d’Aphrodisias.

L’antique Aphrodisias ne fut redécouverte par les archéologues qu’au XXe siècle. À partir de 1961, Kenan Erim, un archéologue turc formé aux États-Unis, décida de consacrer sa vie à la résurrection de la belle endormie. Lorsque les premiers experts arrivèrent, le site était recouvert par un village. Ils ont retrouvé quelques fragments de statues et des sarcophages encastrés dans les murs des maisons ou servant d’enclos pour les chèvres.

Site

Selon l’historien byzantin Stephanus, la ville a été fondée par les Lélèges. Son nom changera successivement en Lelegonopolis, Megalopolis et Ninoe pour finalement prendre le nom d’Aphrodisias au IIIe siècle av. J.-C.. C’est un tremblement de terre suivi d’une inondation au IVe siècle qui détruira la majeure partie de la cité. Le christianisme mit fin au culte d’Aphrodite. La ville sera rebaptisée Stavrapolis (Cité de la Croix). Le temple sera transformé en église.

De nombreux édifices ont été mis au jour notamment : Une partie des thermes d’Hadrien

  • Le théâtre.
  • Le Tétrastoon.
  • Une basilique civile.
  • Le portique de Tibère.
  • Les thermes d’Hadrien.
  • Les thermes du théâtre.
  • Le palais épiscopal.
  • L’odéon.
  • Le temple d’Aphrodite.
  • Le stade datant du Ier ap. J.-C. Il est l’un des mieux conservés de cette période et pouvait accueillir 30 000 spectateurs.
  • Le Tétrapylon et le Sébasteion. Les arches du Tétrapylon, « quatre portes » en grec, reposent sur seize colonnes. Situé à un carrefour, ce monument marquait, pour les pèlerins, l’accès au sanctuaire d’Aphrodite. Le Tétrapylon date du IIe siècle apr. J.-C.

Fortifications

Le mur de fortification d’Aphrodisias est plus ou moins circulaire, d’un périmètre de 3,5 km. Il entoure toute la ville antique (80 ha) et comprend le stade à sa limite nord. Le mur comportait 23 tours et huit portes, dont une au sud du stade. La hauteur du mur varie entre 2 m et 10 m, et son épaisseur entre 2 m et 3 m. Les raisons de sa construction ne sont pas vraiment définies. Selon certains, il aurait été construit dès 260 à cause de l’invasion des Goths en Anatolie et servait donc de défense à la ville. Selon d’autres, il aurait été construit entre 350 et 360 pendant une période de paix et serait donc plutôt un symbole du pouvoir impérial, Aphrodisias étant devenue la capitale de Carie-Phrygie (province impériale). Le mur serait alors un grand projet financé par des gouverneurs impériaux. Une autre hypothèse avance que le mur servait à se défendre durant la révolte de Procopius en 365. Dans tous les cas, ce qui a permis de le dater sont les inscriptions qui mentionnent le nom de deux gouverneurs qui auraient participé financièrement à sa construction: Eros Monachius et Flavius Constantius. Une fois le mur construit, la ville ne s’est plus étendue car la présence de nécropoles est attestée.

La ville étant fermée, de nombreuses portes facilitaient les déplacements. Les principales comportaient une grande ouverture pour les charriots et une plus petite pour les piétons. Elles sont toutes alignées sur les rues principales de la ville sauf une, reliée au stade.

La construction du mur est assez particulière. En effet, les matériaux diffèrent entre le parement extérieur (déchets de marbre), le parement intérieur donnant sur la ville (pierre taillée et régulière), et le noyau. La partie extérieure du mur est construite en grand appareil rectangulaire, appelé opus quadratum. Les pierres sont disposées en alternance, tantôt en panneresse, tantôt en carreau pour permettre une plus grande résistance (opus quadratum pseudo-isodome). Au total, cela fait 25 000 m2 de pierres, toutes d’origine locale. Le mur est connu pour le fait qu’il ait été principalement réalisé avec des matériaux de réemplois : des bases de statues, des fragments de bâtiments, tel que le théâtre qui fut détruit par un tremblement de terre; ou encore des fragments de tombes pillées situées près du mur. Tous ces éléments ont été disposés de sorte qu’il ait l’apparence d’un mur en marbre mégalithique, afin de donner l’impression d’être plus résistant et plus ancien. C’est donc un effet volontaire et réfléchi. Il est possible de retrouver l’origine des pierres utilisées car elles sont regroupées dans le mur pour un même bâtiment et se trouvent généralement près de l’endroit où on les a prélevées. Ainsi, des colonnes de la façade du stade ont été retrouvées dans le mur, près des portes proches de ce dernier. Les blocs d’origine funéraire sont reconnaissables par leurs inscriptions. Le mur est donc basé sur une construction rapide mais efficace, principalement fait de réemplois provenant de bâtiments antérieurs.

Édifices religieux

Le Temple d’Aphrodite

Le temple d’Aphrodite, ou l’Aphrodision, construit aux alentours du Ier siècle avant notre ère par C. Julius Zoilos, a été découvert en 1904 par Paul Gaudin. Avec la montée en puissance du christianisme, cet édifice a été converti en basilique paléochrétienne au Ve siècle de notre ère.

La découverte par Paul Gaudin de figurines féminines assises, des tessons préhelléniques et des lampes datant du VIIeVIe siècle av. J.-C. aident à affirmer l’existence d’un culte religieux voué probablement à la déesse de l’amour et de la guerre, Nina-Ishtar. Néanmoins aucune trace d’un sanctuaire n’a été retrouvée. À cette époque, Aphrodisias portait le nom de « Ninoé », en lien avec Ninos, roi assyro-babylonien, fondateur de Ninive, mais également avec la déesse Ishtar. Aux Ve et IVe siècles, ce culte de la déesse mésopotamienne s’est maintenu et développé. Au IIIe siècle, à la suite de l‘influence hellénique, Nina-Ishtar devient Aphrodite et la ville prend donc le nom d’Aphrodisias. Ce changement n’est pas seulement caractérisé par la modification du nom mais également par la construction d’un temple. Exceptées les déesses en pierre assises du VIe siècle av. J.-C. et des représentations d’Aphrodite sous forme de lion sur des pièces de monnaie de la période impériale romaine,nous n’avons que très peu de traces du culte.

À l’époque chalcolithique, la ville d’Aphrodisias était déjà habitée. Malgré les multiples campagnes de fouilles, aucun chercheur n’a trouvé de trace d’un éventuel sanctuaire. L’auteur Pausanias relate dans son ouvrage la présence d’une source d’eau salée, probablement facteur de l’existence du centre religieux, comme à l’Erechteion d’Athènes. Ce point d’eau est à mettre en lien avec l’image hellénistique de la déesse, souveraine de la terre, des cieux et de la mer, symbolisant sous de diverses formes la vie et la fertilité. Bien que le culte soit maintenu jusqu’à l’âge du fer, il faut attendre la période hellénistique pour qu’un temple soit construit, aux alentours des IIIeIIe siècle av. J.-C. Il n’en reste que les fondations. Néanmoins, cet édifice reste un sujet délicat et son existence est remise en cause. En effet, selon Joyce Reynolds, il n’en reste aucune trace car il aurait été remplacé par le temple « actuel », l’empereur Claude, en lien avec la déesse, souhaitant un monument plus grandiose, ou détruit à la suite d’une profanation par l’armée de Labienus. D’après Dinu Theodorescu, cette construction, sur base d’un précédent, aurait servi de base au temple romain.

Quoi qu’il en soit, les fouilles ont mis au jour des structures en mosaïque et des pièces de monnaie qui peuvent servir de terminus post quem et assurer l’existence du temple à partir de la moitié du IIIe siècle ou du IIe siècle avant notre ère. Cette datation est également confirmée par le sol et les faux décors en marbre, semblables aux murs peints du premier style de Pompéi(vers 150).

Afin de montrer le lien existant entre la ville d’Aphrodisias et la dynastie Julio-Claudienne, un temple pseudodiptère a été construit durant la seconde moitié du Ier siècle av. J.-C. (probablement durant le second triumvirat) par C. Julius Zoilos au nord de la ville. L’édification de ce bâtiment ferait partie du développement urbain des Julio-claudiens. Cependant, des études stratigraphiques ont démontré que la colonnade et la cella n’étaient pas contemporaines. En effet, la première phase de construction se déroule au Ier siècle avant notre ère. Entreprise par C. Julius Zoilos. Elle consiste en un temple en marbre distyle in antis ou tétrastyle prostyle, d’un prodomos et une cella, dont les murs sont en pierres locales non équarries. Par la suite, au Ier siècle ap. J.-C., l’empereur Claude entoure l’édifice d’une colonnade ionique, formant un temple pseudodiptère octostyle et pycnostyle. Il est composé de 8 X 13 colonnes hautes de 9,28 m, dont les chapiteaux correspondent au Canon de Vitruve. Cette colonnade est constituée de différents éléments. Tout d’abord, l’épistyle de l’entablement est rehaussé d’un kymation ionique, superposé d’une plate-bande, et d’un cavet orné de palmettes, ouvertes et fermées. Ensuite, la frise, surhaussée du geison décoré d’une rangée de denticules divisées par un plan incliné et d’un larmier simple, est décorée d’Eros et des figures féminines portant des guirlandes. Finalement, la corniche est surmontée par le sima dont les rares fragments n’ont pas été identifiés. L’ensemble du temple, recouvert de tuiles plates en marbre, est sur un stylobate à trois degrés, dont la fondation est constituée de pierres frustes liées par du mortier. Au IIe siècle, l’empereur Hadrien ferme le parvis dallé par un téménos corinthiensur les côtés nord, sud, ouest. Celui-ci est clos par un mur à moellons taillés et couvert d’un placage. À l’est, ce péribole, restauré en 1990, débouche sur le cardo maximus en passant par le tétrapylon.

Au Ve siècle ap. J.-C., sous le règne de Léon Ier, le temple est transformé en basilique paléochrétienne, Saint-Michaël. L’orientation est-ouest du temple a permis cette transformation : les églises sont orientées, autrement dit, tournées, vers l’ouest. Cette conversion est une véritable entreprise. En effet, les colonnes des petits côtés (est et ouest) ont été démontées et replacées dans le prolongement des colonnades nord et sud, créant ainsi la nef de l’édifice. Les pierres de la cella sont réutilisées dans le mur d’enceinte. Cependant, elle n’a pas été totalement démontée : le toichobate, les orthostates et deux assises de parpaing autour des chevets sont maintenus. Cette technique de parpaing est utilisée dans les grands appareils quadrangulaires. Il est donc probable que le temple romain soit construit en opus quadratum Ce nouvel édifice, plus large que le temple païen, mesure 60 m X 28 m et est constitué de trois travées, un narthex et une abside. Cette conversion économique et sociale est le témoin de la montée en puissance du christianisme en Asie Mineure. Par la suite, l’édifice ne subit plus de transformations importantes, hormis à l’époque byzantine où les murs sont peints de représentations du Christ et des Saints, est en activité jusqu’au XIIe siècle, où elle est détruite à la suite des invasions des Turcs.

À la suite de toutes ces transformations, il subsiste peu de décorations et d’éléments architectoniques du temple romain. Hormis les architraves réutilisées dans la basilique, la majeure partie des composantes de l’entablement a disparu. Les chercheurs n’ont trouvé que peu d’inscriptions. La plus importante, sur le linteau de la porte, est un hommage à C. J. Zoilos,   « prêtre d’Aphrodite », « sauveur et bienfaiteur de son pays natal ». Présent à Aphrodisias entre 44 et 39 av. J.-C., cette annotation est la preuve de la construction du temple au Ier siècle avant notre ère. Les autres épigraphes sont souvent vouées à Auguste ou en remerciement aux fidèles et aux prêtres, participants à la construction du temple.

Le Sébasteion

Le Sébasteion ou Augusteum est un complexe religieux qui se trouve dans le secteur sud-est de la ville d’Aphrodisias, non loin de l’agoraIl est composé d’un propylon, d’un temple, d’une voie processionnelle et de deux portiques. Le complexe fut mis au jour en 1979 par le professeur Kenan T. Erim et l’Université de New York sous les habitations expropriées de Geyre après avoir réalisé un sondage. Il est fouillé périodiquement entre 1979 et 1981. Entièrement construit en marbre blanc et gris provenant des carrières avoisinantes, il est dédié à l’empereur Auguste divinisé. D’ailleurs, le complexe doit son nom à cet empereur : Sebastos en grec et Augustus en latin Au Ier siècle de notre ère, l’Asie mineure est dévastée par les guerres civiles romaines. L’empereur Auguste va apporter la paix à Aphrodisias et il va pour cela être honoré. Il est considéré comme un dieu sauveur. Le Sébasteion est également dédié à la dynastie Julio-claudienne et à Aphrodite. En effet, la déesse serait la mère de cette lignée impériale. De longues dédicaces sur les architraves des bâtiments attestent du culte impérial et de la divinité.

Le Sébasteion est construit entre 20 et 60 après J.-C.Selon des inscriptions, la première phase de construction s’est déroulée sous le règne de l’empereur Tibère. Après un tremblement de terre, la construction reprend dans un deuxième temps, majoritairement, sous le règne de Claude jusqu’à la première partie du règne de Néron. Le complexe a été financé par deux familles distinctes de notables d’Aphrodisias. D’une part, la première a financé le propylon et le portique sud, d’autre part, la deuxième a financé le temple et le portique nord. Cette dernière serait apparentée à un certain Diogène, célèbre bienfaiteur local. Le Sébasteion est donc un projet commun, mais il y a une séparation des contributions.

Le complexe du Sébasteion est orienté est-ouest et est composé de deux portiques parallèles longs de 80 mètres, face à face à une distance de 14 mètres. La voie processionnelle pavée les sépare. Les portiques sont des façades d’une hauteur de 12 mètres et sont divisés en trois étages de demi-colonnes superposées. Les portiques en façade rappellent des fronts de scène. À chaque étage, un ordre différent avec des demi-colonnes de hauteur décroissante. Le premier étage est d’ordre dorique, le deuxième est ionique et le troisième est corinthien. Nous pouvons trouver une ressemblance avec les fora impériaux de Rome mais les portiques du Sébasteion sont plus élaborés.

Le premier niveau des portiques est constitué exclusivement de portes et de fenêtres. Les deux étages supérieurs sont composés de panneaux et de reliefs de marbre dans chaque entrecolonnement. À l’origine, ils étaient au nombre de 190. Il y a des scènes mythologiques (relief d’Achille et de Penthésilée), des reliefs d’empereurs (Auguste recevant les bienfaits de la terre et la commande des mers), les différents empereurs de la dynastie Julio-claudienne couronnant des trophées et subjuguant des barbares, ainsi que des représentations symboliques et des allégories. Les décors des portiques nous éclairent sur le décor architectural impérial en vigueur au Ier siècle de notre ère. Au cours des fouilles ont été retrouvés 75 % des reliefs pour le portique sud et seulement 10% pour le portique nord.

Le temple du Sébasteion est à l’est, à l’extrémité des portiques et domine tout l’ensemble du complexe. Il s’agit d’un édifice prostyle d’ordre corinthien dressé sur un haut podium. Il est de type impérial romain. En effet, dans la cella se trouvaient de grandes statues de culte d’Aphrodite, d’Auguste, de Tibère et de Livie. Une large plate-forme devant le temple aurait probablement servi à faire des sacrifices. Une volée de marches est ajoutée à celle-ci plus tard à l’époque byzantine. Aujourd’hui, il n’en reste presque rien.

Le propylon est une porte monumentale située à l’ouest du Sébasteion. Elle relie les deux portiques et donne accès à la rue nord-sud qui mène à l’agora. Cet édifice a une façade ajourée et ornée. En effet, le propylon comporte deux étages et des niches garnies avec des statues impériales. Par exemple, au centre, il y avait les statues d’Énée et d’Aphrodite. La structure possède plusieurs édicules.

Entre 356 et 360 de notre ère, un séisme a lieu à Aphrodisias et affecte la nappe d’eau et les canalisations. Le temple et le propylon subissent des dommages. Des aménagements sont donc mis en œuvre. Une nouvelle canalisation est installée pour la protection des eaux venant de l’est et des montagnes avoisinantes. Des tuyaux de drainage et des canaux d’eau sont installés autour du temple et le long de la voie processionelle. Le propylon est, quant à lui, équipé de tuyaux en terre cuite. Le niveau du sol est abaissé pour que l’eau puisse s’écouler vers l’ouest et le propylon. Les marches du propylon, descendant vers la rue, sont supprimées et le niveau de la rue est rehaussé. Plusieurs statues appartenant au propylon ont été mutilées et réutilisées pour ce rehaussement.

Dans le courant des Ve et VIIe siècles, le sort du Sébasteion est incertain. L’édifice aurait peut-être été désaffecté ou il aurait servi temporairement de place de marché. Quoi qu’il en soit, le temple a certainement dû être démantelé. Au début du VIIe siècle, sous le règne de l’empereur Héraclius, un autre séisme plus dévastateur que le précédent ravage Aphrodisias. Le Sébasteion s’effondre. Des éléments architecturaux sont déplacés et incorporés dans le mur d’enceinte et dans la fortification autour de l’acropole qui devient une citadelle. Des fragments du portiques nord sont réutilisés pour la fermeture arrière du site et des parties des portiques se retrouvent dans le bâtiment de scène du théâtre.

Des fouilles et des restaurations ont lieu sur le temple du Sébasteion lors de la campagne de 1961 dirigée par Kenan Erim. Aujourd’hui, une grande partie des objets, comme des reliefs et des éléments architecturaux retrouvés lors des fouilles du complexe du Sébasteion, est exposé au Musée archéologique d’Aphrodisias.

Édifices publics

Le Théâtre

Le theatron de la cité d’Aphrodisias, appelé également ekklesiasterion, fut érigé aux environs de 28 av. J.-C. par l’intermédiaire de C. Julius Zoilos bien que des traces avancent la fin de la période hellénistique (vers 300 avant notre ère) comme véritable date de fondation du bâtiment. Il a été mis au jour de 1966 à 1972 par l’équipe du Dr Kenan Erim avec l’aide de la National Geographic Society établie à Washingto.

Situé dans la partie sud du site, à cinq cents mètres du Sébasteion et au sud-est de l’Agora sud, l’édifice théâtral se trouve sur le versant oriental de la colline de l’Acropole (désignée aussi sous l’appellation « höyük »). Cette élévation résulte d’une activité préhistorique antérieure et offre ainsi une position stratégique au théâtre qui domine toute la ville. L’édifice peut accueillir entre 7 750 et 15 000 personnes avec vingt-sept rangées de sièges. Par ailleurs, il se situe entre le théâtre grec à proskenion et le théâtre romain à pulpitum tout en se rapprochant de la tradition grecque avec les parodoi et par le fait qu’il n’a pas de paraskenia. Il est donc un modèle de transition de l’époque tardo-hellénistique.

Ce monument possède, en termes d’architecture, une très grande variété d’ordres : dans les vestiges du portique oriental ainsi que dans le quadriportique à l’est du théâtre se trouvent des fragments de fûts monolithes facettés avec un style dorique archaïsant, des chapiteaux doriques, des fragments à échine lisse ou encore une colonnade ionique de façade.

De plus, des éléments d’entablements ioniques et corinthiens appartenant aux étages supérieurs de la frons scaenae ont été mis au jour. La frise ionique est ornée de thèmes décoratifs notamment des têtes animales, des guirlandes très variées, des masques, des feuilles d’acanthe alternant avec des patères, des palmettes ou encore des Tritons encadrés de rinceaux. Quant à la frise corinthienne, des motifs égyptisants y sont sculptés (des palmettes et des rinceaux, tous d’une exceptionnelle qualité d’exécution). Ces deux frises composent la frons scaenae, combinant un proskenion dorique orné de niches et d’édicules sur deux niveaux (ionique et corinthien). Ceux-ci sont superposés au-dessus du niveau du logeion. Des décors végétaux à rinceaux et des motifs de remplissage reliaient ces deux étages.

Au centre du bâtiment de scène se trouve l’encadrement d’une niche (de 3,5x5m) à partir de laquelle toute la composition s’organise et dans laquelle trois statues se trouvent (Apollon Patrôos entouré par deux Muses). Le bâtiment de scène comporte trois étages et est pourvu d’une façade en marbre. Il est l’un des mieux conservés et l’un des plus anciens exemples présentant des colonnes de marbre. Celui-ci occupe une surface de 215 m2 et englobe les loges et les dépôts (composés de six espaces) destinés aux acteurs. Ces salles sont recouvertes par des voûtes en blocs équarris pour la partie jouxtant le mur occidental et de moellons grossiers pour la partie restante. Les premières voûtes sont en opus quadratum (pour résister à la pression de la frons scaenae) et les autres servent de support aux planchers des pièces situées au premier étage. Le mur est ensuite reconstruit en opus incertum après le séisme du IVe siècle.

La scène de 36x11m, composée d’une plateforme de huit mètres soixante de largeur (le pulpitum), est placée au niveau des loges et des parodoi et de la frons scaenae. Celle-ci est portée par le mur occidental et par les voûtes en blocs équarris. Un portique dorique se dresse sur le pulpitum occupant toute la longueur du bâtiment de scène et possédant quinze travées. L’orchestre, de 30x6m72 , a la ruderatio du sol composée par deux strates dont l’une a comme base un hérisson de pierres, ces dernières étant liées par un mortier gris à faible teneur en chaux. Il s’agit d’un dispositif pavé en crustae de marbre avec l’insertion d’un caniveau dont le fond est corrigé par une couche d’opus signinum.

 

La découverte d’une strate sous la ruderatio du dallage contenant des vestiges préhistoriques, tels qu’une sépulture et une jarre funéraire, prouve l’existence d’êtres humains ayant occupé le site vers le IIIe millénaire avant notre ère. Par la suite, C. Julius Zoilos construit entre 38 et 28 av. J.-C. (sous le règne d’Auguste), le logeion, le proskenion et le bâtiment de scène (perçu comme étant « le premier monument civique de la ville »). Les dates sont établies notamment grâce à une inscription située sur l’architrave dorique du proskenion dans laquelle Zoilos se dit « affranchi du fils du divin César ».

De plus, d’autres mécènes se manifestent après les travaux réalisés par l’affranchi d’Auguste en améliorant et en modifiant la structure du théâtre. Cependant, le manque de traces écrites rend la tâche d’identification difficile. Parmi les donateurs identifiés dans les inscriptions, Aristokles Molossos finance, durant les règnes de Claude et de Néron entre 40 et 68 ap. J.-C., les murs de soutènement, les escaliers, les passages voûtés, les pavements, les cunei et l’ensemble des sièges en marbre qui peuvent alors contenir jusqu’à quinze mille personnes.

Ensuite, de 138 à 161 ap. J.-C., Ti. Claudius Zelos assume l’édification des colonnes et de leur ornementation mais également de la mosaïque du mur et du sol. Dans la même période chronologique, M. Ulpius Carminius Claudianus s’occupe des travaux de restauration des sièges du théâtre. Sous Marcus Aurelius (161-180), l’orchestre est à la fois abaissé et agrandi par la suppression des premières rangées de sièges réservés aux hôtes de marque et la construction d’un mur tout autour (un parapet). Le théâtre sert alors d’arène sécurisée où les combats et les chasses sont rendus possibles.

Les inscriptions grecques en hommage à Rome sur le mur (mesurant de cinq à quinze mètres) du parodos nord de la scène débutent au IIIe siècle ap. J.-C. Cette partie, également appelée « mur des archives », comporte des décrets, des lettres, des copies de sources et des lois en rapport avec Aphrodisias.

Par de multiples modifications, l’édifice devient une sorte de théâtre-amphithéâtre que deux inscriptions mentionnent : l’une date de l’époque antonine et est inscrite sur le parapet de l’orchestre et l’autre date de l’époque voisine. Elle est gravée sur l’entablement couronnant le pulpitum. À la suite de séismes en 360 et au VIIe siècle, le bâtiment subit des détériorations (dégradation du mur des archives et destruction du bâtiment de scène ainsi que des colonnes doriques et de l’entablement). Enfin, au VIIIe siècle, la colline, entourée d’un mur, sert de forteresse contre des envahisseurs. Cette fortification fut démantelée dans les années 1970-1980 et un rendement important de sculptures y fut découvert dont probablement des éléments du propylon du Sébasteion.

L’épigraphie est omniprésente au théâtre. Tout d’abord, le centre de la cavea est la partie où les inscriptions sont les plus importantes : elles sont en rapport avec la surveillance du cirque. Ensuite, les dédicaces de la corniche du proskenion expliquent la série de statues dressées sur la bordure antérieure du logeion. Des noms d’évergètes et de notables sont inscrits tels que Tiberius Claudius Diogenes, Attalos Adrastos Hierax et Tiberius Claudius Zelos. Finalement, un texte du IIe siècle sur un autel prouve l’existence d’une alliance entre Aphrodisias, Plarasa et les cités voisines de Cibyra et Tabae, mais aussi d’un pacte de non-agression envers Rome.

L’espace est également organisé selon les sculptures et les statues, retrouvées disséminées un peu partout dans le théâtre. Les fouilles de 1970 ont mis au jour une quarantaine de salles à proximité du bâtiment de scène. Les sculptures reflètent l’importance du bâtiment comme étant l’un des plus considérables de la ville. Cet édifice, de 116 m de long sur une largeur maximale de 81 m, occupe deux fonctions principales : la première consiste à recevoir les habitants pour les représentations et les compétitions entre villes. La deuxième est plus fréquente et donne au théâtre le statut de lieu de réunion entre les citoyens lors d’assemblées plénières pour débattre des questions politiques de la cité. Cela jouera un rôle crucial dans la promotion de la ville en tant que capitale de Carie-Phrygie.

De plus, une hiérarchie sociale y est de mise comme le prouvent des marques sur les gradins qui servent à réserver des places pour les associations de professionnels. Elle influence l’organisation de l’espace avec l’arrangement des entrées par les parodoi dans la cavea et de la circulation dans les travées. Les personnages importants occupent la proédrie et les places inférieures situées au centre de la cavea.

Le Tetrastoon

En lien avec les fonctions du théâtre, une place, le Tetrastoon, datant du IVe siècle et située à l’est de la construction, sert de lieu de réunion aux étrangers de la ville en opposition aux citoyens qui se réunissent dans le théâtre. Son deuxième rôle est de servir d’endroit de rassemblement avant de se rendre au théâtre. Ce Tetrastoon est une zone carrée pavée, entourée de quatre portiques englobant des magasins et reliée à l’orchestre par un couloir souterrain. Au milieu se trouve une fontaine de forme circulaire.

L’Odéon

L’odéon, ou comme il est souvent appelé le bouleuterion, se situe au sud du temple d’Aphrodite. Il consiste en un auditoire avec une enceinte semi-circulaire. Très bien conservé, il a été complètement mis au jour entre 1962 et 1967. Il fut un des axes majeurs des recherches du centre de la ville effectuée par Kenan Erim lors des premières années de sa campagne de fouille. Il fut bâti vers la fin du IIe siècle ou au début du IIIe siècle de notre ère. Son architecture est étudiée par Lionel Bier, professeur au département d’art du Brooklyn College.

Cet édifice était le centre du pouvoir politique de la ville. La Boulè, conseil de la ville, composé des citoyens les plus aisés, s’y réunissait. Celle-ci était contrôlée par quelques-unes des familles les plus puissantes de la cité. L’odéon servait aussi pour toutes sortes de représentations musicales (concert, ballet…) et pour des réunions publiques.

Il est possible qu’un odéon plus petit ait été construit, au même emplacement et avant celui du IIe siècle, vers la fin du Ier siècle av. J.-C. lors de l’aménagement de l’agora. Des fouilles limitées ont été organisées en 2000, 2002 et 2003 pour en trouver la trace.

Les neuf rangées de gradins inférieures de la cavea sont restées intactes et très bien conservées. En revanche les douze rangées supérieures se sont, elles, effondrées ainsi que leurs voûtes de soutien dont il ne reste que les murs ; peut-être lors d’un tremblement de terre qui aurait eu lieu  au IVe siècle ap. J.-C.  Différentes  portes, se trouvant dans la paroi arrière semi-circulaire, permettaient l’accès à cette partie supérieure de la cavea. Cette dernière était également accessible grâce à des escaliers à chacune de ses extrémités. C’est une série de voûtes en berceau qui supportait les places assises. Les gradins construits en marbre étaient divisés par une diazoma (passage horizontal) étroite et une série de cinq escaliers radiaux.  Leurs capacités étaient d’à peu près 1750 plaçes. Deux bases de statues se trouvent aux extrémités des murs de soutènement de l’auditoire. Ces statues encadraient et dominaient la scène. Elles portent le nom de deux frères, sénateurs au début de la dynastie des Sévères. Deux autres bases portant des inscriptions sont placées symétriquement contre la façade extérieure, encadrant l’entrée. Elles faisaient face au nord de l’agora et supportaient les statues de bienfaiteurs d’Aphrodisias :Lucius Antonius Dometius, le père des deux sénateurs cités précédemment,   et de sa nièce Claudia Antonia Tatiana. Elles datent de la fin du IIe siècle ap. J.-C. Tatiana avait des liens étroits avec la cité d’Ephèse. Il est donc possible qu’elle ne soit pas étrangère au fait qu’il y ait des similitudes frappantes entre ce bâtiment et le bouleuterion se trouvant sur l’agora d’Ephèse.

La structure de la scène est peu profonde. Celle-ci fait 46 m de large.  Le mur de scène (sceanea frons) qui fait face à l’auditoire était en marbre. Il comportait deux étages à colonnes.  Beaucoup de statues et de portraits d’importants citoyens en décoraient les niches.  Huit de ces statues ont survécu. Elles ont été découvertes sur le sol ou dans la fosse de l’orchestre (orchestra) et sont désormais conservées dans le musée de la ville.  Grâce à une série de portes le corridor se trouvant derrière la scène était en relation avec un portique qui faisait partie de la colonnade nord de l’agora de la ville. La zone du portique était ornée de statues en pied de notables. Le fait que l’odéon soit en connexion directe avec l’agora représente une organisation urbaine courante en Asie Mineure. Il en va de même pour Ephèse. Le pulpitum, c’est-à-dire la scène (littéralement « l’endroit d’où l’on parle »), pouvait être atteint par le portique double de l’agora à travers plusieurs portes dans la façade, par la sceanea frons et latéralement par le parodoi (« passage des spectateurs vers les gradins inférieurs et du chœur et des acteurs vers l’orchestra ») Un dallage en opus sectile (« plaquettes découpées et ajustées selon des formes complexes : géométriques mais aussi figurées ) ornait l’orchestra.

L’odéon a été construit durant la dynastie des Antonins ou au début de la dynastie des Sévères par la famille de Tiberius Claudius Attalos, un sénateur romain, et son frère Diogenes. Il est pourvu d’une architecture riche en marbre. Cela marque l’importance du bâtiment mais aussi celle de la famille qui l’a construit. Les statues de cette dernière dominent l’intérieur et l’extérieur du bâtiment. Les murs et les voûtes de l’édifice sont composés d’un noyau de gravas cimentés recouvert par un parement en opus vittatum. Son plan est très ouvert : il comporte de nombreuses entrées au niveau du sol ainsi que plusieurs escaliers donnant accès aux gradins supérieurs. Il s’inspire de la forme des odéons romains dont la forme est similaire à celle des théâtres mais en plus réduite. L’odéon était couvert à l’origine par un toit comme le suggère la présence de massifs contreforts parallèles supportant le mur de scène. La lumière provenait d’une série de hautes fenêtres cintrées se trouvant dans la paroi extérieure incurvée.

Lors du Ve siècle ap. J.-C. un fonctionnaire municipal, Flavius Ampelius, opéra plusieurs modifications au bâtiment. L’odéon fut adapté en paleastra comme en témoigne une inscription sur la moulure supérieure du pulpitum. Le terme paleastra  renvoie généralement à un terrain de lutte, mais au Ve siècle, il pouvait aussi être utilisé pour faire référence à une salle servant à des conférences, des spectacles et à différents affichages compétitifs. C’est ce que suggèrent de nombreuses inscriptions gravées sur les sièges.  À cette époque le bâtiment n’avait plus de toiture comme en témoigne différentes coupes supplémentaires dans les sièges survivants, servant probablement à y placer des poteaux qui soutenaient des auvents. L’orchestra a été transformée. Elle a été abaissée. Ces mesures furent prises à cause de plusieurs inondations qui ont laissé des traces dans la fosse de l’orchestre. Ces aménagements permettaient à l’eau de s’infiltrer et de s’écouler vers un bassin d’où elles pouvaient être évacuées. Trois rangs des rangées inférieures des gradins ont été enlevés et l’avant-scène a été transformée pour soulager la pression qu’exerçaient les eaux contre les piliers extérieurs.

Beaucoup d’inscriptions ont donc été retrouvées dans l’odéon ; principalement dans la cavea et sa structure, la région de la scène, le parodoi et le portique derrière la scène. Aucune trace d’inscription datant d’avant la seconde moitié du IIe siècle ap. J.-C ne fut mise au jour. Il n’y avait pas non plus d’inscriptions qui parlait de la fonction du bâtiment avant la moitié du Ve siècle où on parle du celui-ci comme d’une palaestra. C’est le plan de l’édifice et non les textes qui a suggéré qu’il était à l’origine une chambre de conseil.

La présence d’une plate-forme circulaire peut être notée près de l’odéon. Sur ses marches une partie des soubassements de la cavea avaient été construits. Au centre de celle-ci se trouve un sarcophage. Elle faisait partie du monument funéraire d’un personnage important.

Un atelier de sculpteur  s’était installé derrière l’odéon au IIe ou IIIe siècle ap. J.-C. ; comme le prouve la découverte dans les environs de nombreuses sculptures, la plupart du temps inachevées, et d’outils. Il ne sera plus utilisé dès le IVe ou Ve siècles. De plus, dès la période moyenne Byzantine, cette zone a servi aux traitements d’olives et peut-être de vin.

Stade

Le stade d’Aphrodisias se trouve à la limite nord de la ville, loin du centre urbain. Il est tout de même compris dans le mur de fortification de sorte qu’il ne puisse pas servir de point d’attaque pour les ennemis.

Le stade est l’un des mieux conservés de l’époque romaine et l’un des plus grands. Il date du milieu ou de la fin du Ier siècle de notre ère et a été utilisé jusqu’au VIe siècle. Sa longueur est comprise entre 262 m et 273 m et sa largeur entre 59 m et 85 m. Quant aux dimensions de la piste, elles seraient de 228 m sur 39 m ou de 250 m sur 34 m. La forme de celui-ci n’est pas semblable à celle des stades grecs : au lieu d’être rectangulaire, il est arrondi à ses deux extrémités est et ouest, de façon à pouvoir accueillir plus de spectateurs. Il peut en effet contenir jusqu’à 30000 personnes, ce qui aurait représenté, à peu près, la population de la ville. Le stade a une forme elliptique, les murs du bâtiment ne sont pas parallèles mais légèrement arrondis afin que la visibilité des spectateurs se trouvant sur les extrémités ne soit pas gênée La cavea fait toute la circonférence et est composée de 22 à 30 rangées de sièges.

Le stade est supporté par des remblais de terre, il a une structure voûtée et est construit en pierre. Certaines parties sont en marbre blanc local, tels que les sièges. Au-dessus de ceux-ci se trouvent des arcades qui appartiennent à la fortification de la ville du IVe siècle. L’entrée se faisait par des escaliers côté sud, alignés sur le cardo de la ville. Il y avait des vomitorii sous les gradins des deux extrémités du bâtiment pour l’entrée des compétiteurs. On a retrouvé également des incisions sur les sièges pour y emboiter des auvents.

Le stade a été modifié vers la fin du IVe siècle. Le changement est daté plus précisément entre 393 ou 395 pour le terminus post quem (à la suite de la découverte d’un coin d’Honorius dans un des murs) et 408 pour le terminus ante quem (à la suite de la découverte de petits bronzes dans une niche du mur). Une des deux modifications consiste en une fermeture du côté est du stade par un mur courbe. Cette construction de ce mur permettait d’accueillir 5000 personnes de plus et comprend un podium en pierre de 1,60 m de haut dans lequel sont présents des refuges, pour protéger les combattants, et des niches. On y a retrouvé aussi des petits trous qui servaient à y emboiter des montants de bois pour tenir un filet. Ce dernier protégeait les spectateurs des combats. Cette modification pourrait avoir deux origines : soit l’amphithéâtre a été construit à la suite du tremblement de terre qui a détruit le théâtre, on aurait, dès lors, voulu remplacer ce dernier par une autre construction dans le stade; soit on l’a construit car les jeux du stade ont perdu leur popularité et il a donc fallu trouver une nouvelle utilité au bâtiment. La seconde modification est celle du mur de fortification qui a été construit autour des murs est, nord et ouest du stade. Au-dessus du mur est du stade, on peut observer une grande arcade qui appartenait à ce mur.

La fonction de ce bâtiment est différente de celle des stades habituels. Le stade est un édifice qui accueillait de nombreux évènements car on y organisait des festivals pour honorer Aphrodite, des réunions politiques ou encore diverses compétitions sportives. Dans ces compétitions, celles qui avaient lieu dans le stade, avant sa transformation, sont d’abord les épreuves athlétiques traditionnelles : la course à pied, le lancer de javelots, le saut en hauteur ou la lutte. Il y avait également les Venationes, c’est-à-dire des spectacles dans lesquels les hommes affrontent des animaux tels que des lions, des ours ou des taureaux. Il s’agissait de chasses ou de duels. Comme les animaux exotiques coûtaient chers, il y avait une domestication de taureaux et d’ours anatoliens dans la région et les jeux ont pu continuer jusqu’au VIe siècle. À la suite des modifications, il y eut aussi des jeux plus particuliers comme les combats de gladiateurs que l’on appelle Munerae. Ces derniers ont été interdits en Asie Mineure par Anastasius en 498 à cause de leurs coûts trop élevés.

Aphrodisias étant une ville riche en inscriptions, le stade n’y échappe pas. Les inscriptions présentes sur cet édifice sont liées à sa fonction et permettent de mieux la comprendre. Par exemple, sur les sièges du stade, des termes faisant référence à des factions ont été repérés. Ce type d’inscription se retrouvait aussi dans les cirques, désignant une préférence pour une équipe ou une autre. Il y avait le parti vert et le parti bleu. D’autres inscriptions servaient à réserver des places pour des individus ou des groupes et désignaient alors des noms de coopérations, de grandes familles, d’associations ou de groupes sociaux. Tout cela traduit des préférences politiques ou sociales et montre que d’autres communautés (comme Antioche) participaient aux évènements. Cela nous en apprend bien plus sur la population d’Aphrodisias, car en plus de savoir qui allait au stade,  on sait aussi ce qu’il s’y passait : des noms de femmes permettent de dire que les évènements qui s’y déroulaient étaient de type romain, et non grec comme le voudrait le bâtiment car dans le monde grec, les femmes ne pouvaient pas participer aux compétitions athlétiques (les hommes étant nus). Une autre inscription, elle, parle d’éleveurs de taureaux, ce qui renvoie à la fonction du stade et aux venationes et une autre indique le nom d’un ours qui combattait ou d’un gladiateur du nom de Menander.

Le Tetrapylon

Le nom tetrapylon provient du grec antique et signifie littéralement « porte monumentale ». Le tetrapylon d’Aphrodisias date du milieu du IIe siècle pCn. Cette porte monumentale a, dans le cas d’Aphrodisias, une fonction décorative : elle reliait la rue principale au chemin menant à l’entrée du temple d’Aphrodite, et était située à l’est du temenos de celui-ci.

 

 

Le bâtiment est entièrement construit en marbre blanc, à l’exception des colonnes, qui sont des monolithes gris. Il suit un plan de base carrée et se compose de quatre rangées de colonnes corinthiennes, torses, lisses ou géminées, ayant une hauteur moyenne de 7 mètres et soutenant des chapiteaux de style corinthien. La façade orientale du bâtiment se compose d’une arche centrale et d’un tympan sculpté, tandis que la façade occidentale est constituée d’un fronton brisé plus élaboré et d’un linteau en demi-cercle. Les première et troisième rangées de colonnes sont torses, tandis que les deuxièmes et quatrièmes rangées sont corinthiennes et présentent des cannelures verticales.

L’entablement du tetrapylon est riche en sculptures : le tympan de la façade occidentale comporte des bas-reliefs représentant Eros chassant des sangliers, surgissant de feuilles d’acanthes décoratives et de rinceaux. Les couronnes de feuilles d’acanthes présentent des feuilles larges et très dépouillées, ainsi qu’une nervure centrale particulièrement profonde. La lunette de l’arche centrale de la façade orientale n’est pas laissée de côté : elle est, elle aussi, ornée de décorations en feuilles d’acanthes. Le centre de cette lunette présentait autrefois un buste en relief frontal d’Aphrodite, remplacé par une croix durant l’époque chrétienne.

L’architrave du bâtiment a une hauteur approximative de 0,5 mètres, et est divisée en trois bandes décoratives. Ces bandes sont séparées entre elles par des décorations prenant l’aspect de petites perles et d’entrelacs. Bien que le fronton soit brisé, le motif suit une symétrie axiale, si bien que les sculptures présentent la même apparence de chaque côté du fronton. Dans la bande inférieure, la décoration est composée de palmes et fleurs de lotus stylisées, ainsi que de feuilles de palmier fermées.

Des jougs en bois ont été retrouvés dans les bases des paires de colonnes doubles à l’avant du bâtiment.

Inscriptions

Le tetrapylon comporte de nombreuses inscriptions datant d’époques différentes, trouvées pour la plupart par la New York University lors d’une expédition en 1985 :

La première se trouve sur la colonnade orientale de l’édifice, gravée sur une colonne double de marbre blanc. On peut y lire « νικᾷ ἡ τύχη τῶν Πρασί – νων ». Cette inscription, en se basant sur le contenu du message, peut être datée aux alentours des Ve et VIe siècles de notre ère. Par l’appellation « Verts », l’inscription fait référence à une des organisations principales fournissant les équipes de chars de Rome à l’époque républicaine. En effet, à l’époque, celles-ci se nommaient les Bleus, les Verts, les Blancs et les Rouges, bien que les deux factiones principales soient les Bleus et les Verts. Sur base du contenu, on peut supposer que le bloc de marbre comportant l’inscription est un remploi.

La deuxième est localisée sur le panneau de marbre blanc entre les paires de colonnes situées à l’extrême sud. Cette inscription semble également dater des Ve et VIe siècles, et sa datation a elle aussi été effectuée selon le contenu du message. Ce message est en réalité un monogramme allant de pair avec l’inscription précédente, puisqu’il exprime la même idée : « νικᾷ ἡ τύχη τῶν Πρασί – νων ». Ce monogramme n’est probablement pas un graffiti comme l’on a pu en retrouver dans le théâtre, par exemple. Il a été gravé trop soigneusement et méticuleusement pour que cela soit le cas, et avait donc un statut officiel. Le style du monogramme permet de fixer le terminus ante quem de l’inscription au VIe siècle.

La troisième inscription se trouve sur la colonnade occidentale de l’édifice, sur la base de la deuxième colonne en partant du sud. On peut y lire « τόπος Ἑπταμηνίου κὲ γαμ[ετῆς] ». Le nom « Ἑπταμηνίου » fut également retrouvé sur un siège du théâtre. La base en question est en marbre blanc, et l’inscription s’y trouvant présente une position intéressante. En effet, elle fait face à l’intérieur de l’édifice, et se trouve près d’une colonne adjacente. Cette observation permet d’affirmer que ce n’est pas là sa place originelle, et de dater le message de la fin du IVe siècle, avant la reconstruction de l’édifice.

La dernière inscription trouvée sur le tetrapylon se trouve sur une colonne de marbre blanc, du côté sud-ouest de l’édifice. Selon le style des lettres et le contenu, il est possible de la dater des Ve ou VIe siècles, ou même d’une époque ultérieure. L’inscription semble être une prière pour le salut d’un archevêque. Une hypothèse fut émise prétendant qu’il pourrait s’agir ici d’une inscription faisant référence à un donateur, mais celle-ci fut réfutée : en effet, le message était trop soigneusement gravé, et n’était donc pas à mettre en lien avec la restauration de la fin du IVe siècle, début Ve siècle. L’inscription provient d’un bloc d’architrave, ce qui permet d’énoncer une deuxième hypothèse : le message serait un message dédicatoire d’une église inscrit sur le linteuil. Les informations quant à la date probable et le bâtiment d’origine d’où venait le fragment sont malheureusement lacunaires.

Restaurations

Le tetrapylon fut restauré durant la deuxième moitié du IVe siècle, à la suite d’un tremblement de terre qui affecta grandement l’édifice. Cette restauration a été datée grâce à des monnaies retrouvées en 1984 et datant du début du Ve siècle, faisant office de cales en-dessous d’un pied des colonnes de l’édifice. Lors de cette restauration, les colonnes furent ré-érigées, et des colonnes d’un autre bâtiment furent possiblement incorporées. Cela a eu pour conséquence le dérangement de la symétrie originelle entre les colonnes torses. Si les dégâts infligés au bâtiment sont, la plupart du temps, attribués au tremblement de terre de la deuxième moitié du IVe siècle, il ne faut pas mettre de côté d’autres causes hypothétiques de dégradation, comme une possible installation inégale des colonnes de fondation.

C’est à l’époque chrétienne que le tetrapylon se verra privé de l’image d’Aphrodite qui ornait le fronton ouest de l’édifice. Mais cette transformation de l’aspect du bâtiment reflète également une conversion douce de la ville, de par l’attention mise en œuvre afin de ne pas endommager les reliefs environnants, comme les scènes d’Éros chassant le sanglier parmi un feuillage d’acanthes.

La première restauration du tetrapylon fut partielle, et se déroula en 1960. Ensuite, entre 1982 et 1990, des efforts furent largement déployés afin de restaurer cet édifice antique. 85% des morceaux antiques du tetrapylon furent conservés lors de cette restauration. Les fondations furent consolidées pour l’anastylose, les colonnes et piédestaux restaurés et remontés, l’entablement et le fronton de la façade occidentale montés. Entre 1986 et 1987, de nouvelles assises furent préparées et les plinthes d’origine furent remises en place, les colonnes furent réparées et 13 d’entre elles furent remontées sur leur base. Finalement, les entablements, arcatures et frontons des façades orientales et occidentales furent ré-assemblés, ainsi que les fragments du cadre du côté est. La restauration fut inaugurée en 1990, et c’est son résultat que nous pouvons à présent contempler aujourd’hui.

Le portique de Tibère

Le portique, tant dans l’Antiquité grecque que dans l’Antiquité romaine, constitue un élément essentiel de l’architecture civile. Celui-ci présente des plans divers selon l’époque ou la fonction recherchée. Le Portique de Tibère, en raison de sa fonction civile, occupe une place centrale dans un plan urbanistique très homogène. Il est entouré de l’agora au nord, du théâtre à l’est, de la grande basilique au sud et enfin des thermes d’Hadrien à l’ouest. Dans le dernier siècle, cet immense complexe a fait l’objet de nombreuses campagnes de fouilles (française, italienne et américaine). Ce portique doit son nom à la découverte d’une inscription épigraphique figurant sur l’aile nord de l’édifice : «». Si la tradition a gardé cette dénomination pour désigner le bâtiment, la logique voudrait qu’elle concerne la partie nord uniquement.

 
 

Le portique, tant dans l’Antiquité grecque que dans l’Antiquité romaine, constitue un élément essentiel de l’architecture civile. Celui-ci présente des plans divers selon l’époque ou la fonction recherchée. Le Portique de Tibère, en raison de sa fonction civile, occupe une place centrale dans un plan urbanistique très homogène. Il est entouré de l’agora au nord, du théâtre à l’est, de la grande basilique au sud et enfin des thermes d’Hadrien à l’ouest. Dans le dernier siècle, cet immense complexe a fait l’objet de nombreuses campagnes de fouilles (française, italienne et américaine). Ce portique doit son nom à la découverte d’une inscription épigraphique figurant sur l’aile nord de l’édifice : «Ἀφροδίτηι καὶ Aὐτοκράτορι Καίσαρι θεῶι Σεβαστῶι Διὶ Πατρώωι καὶ Aὐτοκράτορι Τιβερίωι Καίσαρι θεοῦ Σεβαστοῦ υἱῶι Σεβαστῶι καὶ Ἰουλίαι Σεβαστῆι καὶ τῶι δήμωι | Διογένης Μενάνδρου τοῦ Διογένους τοῦ Ἀρτεμιδώρου ηα Ἀφροδίτης καὶ Μένανδρος [-]». Si la tradition a gardé cette dénomination pour désigner le bâtiment, la logique voudrait qu’elle concerne la partie nord uniquement.

Le «Portique de Tibère» a connu de nombreuses et grandes phases de construction, ainsi que des modifications, s’étendant du Ier au Ve siècles après J.-C. Cet édificese caractérise avant tout par son homogénéité même s’il a connu une évolution en quatre phases à des époques différentes.

La première phase

La première phase semble avoir eu lieu sous le règne de Tibère où l’édifice est achevé en 27 pCn et inauguré en 29 p.C. Cet ouvrage est le travail de l’architecte Tiberius Claudius Diogène à qui nous devons également l’inscription épigraphique présente sur l’architrave de l’aile nord. L’architecte privilégie un portique rectangulaire à double nef. Diogène utilise la structure préexistante de la période hellénistique, à savoir le portique sud de l’agora nord. Afin de réunir les deux portiques, il utilise un mur mitoyen qu’il perce de deux entrées. Ce mur, servant à la composition axiale, permet également de créer un toit à double pente. Le soubassement de la partie qui nous intéresse se caractérise par une structure soignée mais particulière. On y retrouve deux degrés d’élévation. Les sondages réalisés en 1990 révèlent la présence, entre le mur nord et sa colonnade, de couches de terre et de déchets de taille de marbre. Par-dessus ces couches se trouve un dallage de marbre bleu appelé «euthynteria». Le niveau actuel, au-dessus de l’euthynteria, est composé d’un gradin en marbre creusé en son rebord externe. Ce travail offre l’aspect de véritables sièges de théâtre continus dont les pieds ont la forme de pattes de lion. En retrait de ce gradin se trouve le stylobate supportant la base de la colonne. Sur une longueur d’approximativement 212 m, l’architecte place, selon un rythme bien précis, 71 colonnes cannelées couronnées de chapiteaux de style ionique. L’entraxe entre chacune de ces colonnes est de 2,89 m. On y trouve ensuite l’architrave présentant un riche décor de guirlandes et de frises à têtes. Enfin, l’ouvrage est terminé par la corniche denticulée, laquelle est surmontée d’une gouttière protégeant l’édifice de la pluie.

La deuxième phase

La deuxième phase de construction, qui voit naître l’aile ouest, a lieu sous l’époque flavienne. Nous pouvons y distinguer deux temps à savoir la construction, dans la seconde moitié du Ier siècle, et la modification au IIe siècle. La datation de cette aile est possible grâce au décor architectonique de type flavien retrouvé sur ses chapiteaux et sa frise. À ce stade, le portique ouest est d’une longueur approximative de 54,89 m et est constitué de 19 entrecolonnements. Il se compose d’un mur et de 20 colonnes à chapiteaux ioniques. Cependant, si certains de ces chapiteaux sont contemporains de l’époque flavienne, on en retrouve également de l’époque de Tibère et d’Hadrien. Son soubassement, qui semble être identique à celui du portique nord, présente quelques différences au niveau de l’euthynteria, ce dernier étant irrégulier. Dans un second temps, nous observons une phase de modification en lien avec la construction des Thermes d’Hadrien au IIe siècle. Avec la construction de cet édifice thermal, probablement sur un établissement plus ancien, on cherche à concrétiser un lien entre les deux complexes. Cette relation entre les deux espaces s’observe au niveau du mur mitoyen, lequel est aménagé en son milieu pour former un espace monumental comparable à un προπυλαιον. Pour encadrer ce portique, les colonnades de l’aile ouest sont rehaussées par des dés en marbre mouluré. Ce mur mitoyen traité en petit appareil servait également de soutien pour de nombreux éléments : toiture, grands blocs à consoles.

La troisième phase

La troisième phase de construction du portique est l’aile sud. Elle est construite au IIe siècle, à la même période que les Thermes d’Hadrien. Ce portique sud veut faire écho à l’aile nord de Tibère. En effet, on retrouve sur l’architrave le même type de colonnades ioniques avec une frise à têtes et guirlandes. Cependant, l’ensemble de cette partie se caractérise par son manque d’homogénéité. Nous observons en effet des bases de types différents : attiques classique, bases à gorge hadrianique. Les archéologues ont également remarqué des entraxes très variés passant de 2,35 mètres à 2,79 mètres sans alignement des colonnes sur le stylobate. Le mur de ce portique, travaillé en grand appareil, sert quant à lui de soutien à la colline du théâtre. Au Ve et VIe siècles, à la suite d’un tremblement de terre, une restauration partielle de cette partie est observée. Une inscription épigraphique de «Philippe» indique le financement par des particuliers de la restauration de la ville.

La quatrième phase

Enfin, la dernière phase de construction concerne la porte monumentale et son bassin. Cette porte est érigée dans la seconde moitié du IIe siècle pour séparer l’ensemble du complexe de l’espace extérieur. On doit la construction de cette entrée à un évergète du nom de Diogène. La façade, à l’aspect d’une frons scaenae, et peut être comparée à un portique à étage. Nous pouvons distinguer les deux étages par les deux ordres superposés, l’un ionique et l’autre corinthien. Au rez-de- chaussée, la colonnade ionique porte une frise présentant un décor architectonique proche de l’aile sud. À l’étage, la colonnade corinthienne présente un décor plus exubérant expliquant une construction plus longue. L’autre particularité se situe dans la composition en 7 édicules juxtaposés qui devaient accueillir les statues d’empereurs et de bienfaiteurs. On accédait à chacun d’entre eux par une volée de marches. De part et d’autre de ce portique se trouvent deux grosses tours carrées, appelées pyrgos. Les différents sondages de 1990 et 1991, qui présentent des soubassements de types différents, semblent confirmer leur construction à des périodes séparées. Le pyrgos nord semble avoir été construit à la même période que l’aile nord du portique pour lequel on observe une certaine homogénéité. La datation remonterait donc au début du Ier siècle. Cette tour carrée devait certainement fermer le portique rectangulaire d’origine. Les soubassements du pyrgos sud présentent des similitudes avec celui de l’aile ouest où nous constations une irrégularité au niveau de l’euthynteria. Ces deux tours carrées sont percées à leur rez-de-chaussée d’un passage voûté menant d’une part vers la rue et d’autre part vers le théâtre. Ces deux pyrgos ont été travaillés en petit appareil. Le bassin, également appelé dans certains ouvrages nympheo, a été construit au IVe siècle sous un certain Flavium et se situe en face de cette porte monumentale. Ce bassin a une longueur de 169 m et une largeur de 19 m. Son but premier était de réguler les inondations fréquentes du portique monumental. Le soubassement se caractérise par une fondation de grands moellons s’alignant sur une mortaise carrée avec un parement disposé en un hérisson de pierre. Les fouilles de 1988 relèvent également la présence au sol d’un opus signinum placé sur une rudertio en caementicum. En ce qui concerne le dallage, celui-ci a complètement disparu. Cependant, on observe dans la partie ouest une bande de marbre blanc qui laisse supposer le parement général. Ensuite, la margelle intérieure du bassin comporte un rang d’orthostates. Le rebord externe de cette piscine se caractérise également par un gradin. Nous retrouvons aussi de nombreuses canalisations en terre cuite traversant d’est en ouest le complexe pour rejoindre les thermes d’Hadrien. Le rajout tardif de ce bassin s’explique par l’absence de frigidarium dans le complexe therma. Progressivement, avec l’abandon du site, le bassin va être remblayé par des terres jusqu’au gradin de la place.

Fonctions et interprétations

Les données apportées par l’archéologie ont amené les chercheurs, dès le début des fouilles, de se poser des questions sur la fonction de ce portique. Ainsi, les premières fouilles du bâtiment, entamées par Jacopi en 1937, ont vu en cet espace l’agora. Sa position centrale et les bâtiments l’entourant confirmait son idée. Plus tard, Ferri a établi un lien entre les inscriptions épigraphiques du rempart et celles du portique nord. De cette manière, cette place coïnciderait avec le «gymnase de Diogène». Si cette hypothèse est très vite abandonnée, le monde scientifique lui préférant le rôle d’agora, cette fonction de gymnase est réexaminée à la suite des travaux de Nathalie de Chaisemartin. Ainsi, il s’agirait bien d’un gymnase ou plus précisément d’un Xyste. L’hypothèse d’un Xyste se vérifie en de nombreux points. Tout d’abord, une comparaison peut être établie avec Vitruve et son traité de l’architecture. Selon l’architecte romain, tout Xyste est composé d’une palestre suivie d’un terrain de sport encadré par trois portiques. L’ensemble retrouvé à Aphrodisias est proche de cette composition. En effet, nous observons trois portiques dont la partie ouest s’ouvre sur la palestre des thermes d’Hadrien. Vitruve précise également l’importance d’un portique double et couvert dont la longueur est proche de celle d’un stade. Ensuite, la situation géographique n’étant pas propice au développement d’un habitat, le lieu est utilisé comme terrain de sport. Enfin, le décor architectonique peut également appuyer cette fonction de gymnase. En effet, la frise de l’architrave s’accorde avec la symbolique traditionnelle du gymnase présentant aux jeunes athlètes des modèles à suivre.

Enfin, si ce complexe évoque bien un gymnase il est important aussi de se demander si son aspect est fonctionnel ou décoratif. En effet, le Xyste, de tradition hellénistique et repris par les Romains, pouvait être utilisé dans des habitations privées comme montré à Herculanum.


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Tapis turcs
Si l’on en croit les textes, des tapis sont produits en Turquie au moins depuis le VIIIe siècle de l’ère chrétienne, mais les premiers témoignages visuels sont des peintures des primitifs flamands et italiens au XIVe siècle (le premier date de 1320). En effet, jusqu’au milieu du XVe siècle, les tapis orientaux font partie des éléments les plus précieux des Occidentaux, comme le prouve par exemple le tableau de Hans Holbein Les Ambassadeurs, dans lequel les deux personnages posent le coude sur un tapis turc.

On peut classer les tapis en quatre catégories, selon leur niveau de production :

  • les tapis faits à la maison pour un usage domestique ;
  • les petits tapis citadins, très exportés, comme les « tapis Holbein », du nom du peintre qui les a fréquemment représentés ;
  • les tapis d’ateliers citadins plus importants, dont les coloris commencent à s’enrichir. Ils sont réalisés selon des cartons préparés à l’avance ou sur les instructions de l’acheteur, local ou étranger. Les tapis ushak en font partie ;
  • enfin, les tapis des ateliers impériaux ou des fournisseurs officiels de la cour.

 
Exemple de nœud turc

D’un point de vue technique, on peut distinguer les tapis turcs de leurs homologues persans grâce au type de nœuds : ceux des tapis persans sont asymétriques à l’inverse des nœuds turcs.

Avant le XVe siècle, les tapis sont extrêmement rares, mais on en connaît beaucoup plus à partir du XVIe siècle, conservés dans des collections publiques ou privées. Tout d’abord de laine, ils utilisent progressivement plus la soie. La première mention d’un tapis de soie est présente dans un inventaire du palais de Topkapı daté de 1504. On sait également qu’en 1549, Charles Quint a envoyé un émissaire pour l’achat de dix tapis turcs, avec, si possible, certains en soie, preuve que la soie était utilisée, bien qu’encore rare. Les collections européennes étaient parfois immenses : Henri VIII d’Angleterre aurait possédé plus de cinq cents tapis.

 
Exemples de tapis ottomans du Pergamonmuseum.

On peut définir de nombreux types de tapis turcs différents. Citons par exemple les tapis à motif animalier dont un exemplaire est conservé à Berlin et provient d’Italie. On peut y trouver des paires de quadrupèdes, des oiseaux ou encore des combats d’animaux, comme celui du phénix et du dragon, un motif venant de Chine et déjà amplement utilisé dans l’art Timuride. Le tapis de Berlin a d’ailleurs des éléments de couleur jaune, couleur impériale en Turquie, ce que l’on doit aussi à une influence des Timurides, selon Hermann20.

Les tapis Holbein, déjà évoqués, sont représentés pour la première fois par Piero della Francesca. Ils comportent un décor de petits motifs géométriques, et du pseudo-kufique sur les bordures. Une autre série qui porte le même nom se caractérise par de grands motifs de roues. Les tapis Holbein pourraient avoir été produits à Ushak.

La production des tapis de prière Bellini, dits aussi « à trous de serrure », commence dans la seconde moitié du XVe siècle ; ils sont représentés entre 1490 et 1560. Servant à la prière, ils contiennent un grand médaillon central. Les tapis dits « transylvaniens », quant à eux, apparaissent fin XVe, et se caractérisent par des motifs de niches opposées. On pourrait aussi citer la production des tapis Lotto, avec leurs motifs d’arabesques et de quatre-feuilles. Ils sont souvent bordés de calligraphies pseudo-kufiques.

Il faut enfin mentionner les tapis Ushak, qui peuvent être de deux types : à médaillon central, avec un fond pointillé bleu et des demi-médaillons, ou décorés d’étoiles.

Il existait aussi des tapissiers turcs qui travaillaient en Europe, puisque l’on connaît un exemplaire polonais dans le style ottoman.

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Joaillerie Turque
La joaillerie est l’art de fabriquer des joyaux et plus largement des objets de parure mettant en valeur des pierres précieuses, des pierres fines, des pierres ornementales et des perles, en utilisant pour les montures des métaux précieux tels que l’or, l’argent le platine, voire le palladium. Le plus souvent, cette mise en valeur est réalisée dans un bijou ; ce bijou en soi pourra par la suite être lui aussi qualifié de joyau, par extension impropre.

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Cuirs Turcs
Le cuir est un matériau préparé à partir de la peau d’un animal, principalement utilisé dans l’habillement et la décoration sous un grand nombre de formes. Il s’agit généralement de la peau de grands mammifères tels le bœuf et le porc, traitée industriellement par les tanneries et les mégisseries, principalement pour assurer sa conservation même en présence d’une humidité élevée. Il existe différents types de cuir, selon leur aspect, leur fabrication et l’origine de la peau.

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Antalya Musée
Le musée d’Antalya ou Musée archéologique d’Antalya (Turquie: Antalya Müzesi) est l’un des Turquie plus grands musées de l ‘, situé dans Konyaaltı, Antalya. Il comprend 13 salles d’exposition et une galerie en plein air. Il couvre une superficie de 7000 m 2 (75.000 m²) et 5000 œuvres d’art sont exposées. En outre supplémentaires 25.000-30.000 objets qui ne peuvent pas être affichés sont dans le stockage. [2] Comme un musée présentant des exemples de travaux, qui éclairent l’histoire des méditerranéens et Pamphylia régions en Anatolie, Musée d’Antalya est l’un des plus important de la Turquie musées. Le Musée a remporté le “Prix spécial du Conseil européen” en 1988.

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Antalya Marché couvert
À part le tourisme et le commerce, Antalya développe à grande échelle la culture des légumes et des fruits, principalement sous serres. La municipalité a construit, en centre ville, un grand marché couvert aux légumes et aux fruits.

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Chutes d’eau de Karpuzkaldiran

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Ville d’Antalya
Antalya est une grande ville touristique du sud de la Turquie dans la préfecture de la province du même nom. Elle dispose d’un aéroport international (code AITA : AYT), l’aéroport d’Antalya.

Antalya est aujourd’hui la capitale touristique de la côte méditerranéenne turque, surnommée la « Riviera turque » ; elle peut même être considérée comme l’une des stations balnéaires les plus fréquentées au monde (plus de 9 millions de touristes annuels en 2010). La vieille ville d’Antalya, Kaleici, s’allonge au flanc d’une falaise abrupte en contrebas de laquelle se niche un ancien port, aujourd’hui port de plaisance moderne. La population d’Antalya se monte à 2.222.562 habitants en 2014. En 2011, la population dépasse le million d’habitants. En 2011, Antalya était la troisième ville la plus visitée du monde, avec 10.5 millions de visiteurs annuels.

Depuis sa fondation en 150 av. J.-C. par Attale II, roi de Pergame, qui l’appela Attaleia (Αττάλεια : Attalie), la ville a toujours été habitée. Les Romains, les Byzantins et les Seldjoukides occupèrent la ville avant qu’elle ne tombe sous la loi ottomane. Elle fut alors nommée Adalya (ou Adalia).

Antalya était connue durant le Moyen Âge en Europe sous le nom de Satalieh (ou Satalia).

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Ruines d’Aspendos
Aspendos (en grec ancien Ἄσπενδος) est une ancienne cité gréco-romaine du sud de l’Asie mineure, située à environ 45 kilomètres à l’est de la ville actuelle d’Antalya. Aspendos est située sur un petit plateau qui domine la vallée avec la rivière Eurymédon qui coule au pied. La présence d’eau et la valeur défensive du site explique sans doute le choix initial de l’emplacement par les premiers occupants.

Elle se distingue par son théâtre romain, le mieux conservé de toute l’Asie Mineure, dans lequel tous les étés des spectacles sont organisés. Dans l´Antiquité, le théâtre d´Aspendos offrait environ 7000 sièges pour les spectateurs1.

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