Le passage de la ligne de démarcation à Bléré en 2021

L’Association des officiers de réserve et des réservistes de Touraine avait choisi de commémorer, les 81 ans de la ligne de démarcation de manière originale, les 3 et 4 juillet 2021, en faisant revivre de façon très concrète, comme en 1940, le franchissement de la ligne de démarcation. Les associations Trio Musette, Touraine mémoire 44, Cach37, les cyclistes passionnés, les collectionneurs de véhicules des années 40 et les Archives départementales d’Indre-et-Loire se sont associés à ce projet.

Filmographie

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Etienne Perruchon : Dogora

Archives grandeur nature. Le passage de la ligne de démarcation à Bléré en 2021

La ligne de démarcation en Indre-et-Loire

Lors de la Seconde Guerre mondiale, la ligne de démarcation marqua la limite entre la zone dite libre au sud de la France et la zone occupée par l’armée allemande au nord de la France Elle fut fixée par l’armistice du 22 juin 1940, imposée par Hitler au régime de Pétain.

Non seulement cette ligne coupe la France en deux, mais elle va aussi couper le département d’Indre-et-Loire en 2 zones selon un tracé, qui au nord-est contourne Bléré, pour rejoindre Reignac , Dolus, Vou , Descartes et la Guerche.

Le 11 novembre 1942, l’armée allemande envahit l’ensemble du territoire français, suite au débarquement allié en Afrique du Nord. Le 1er mars 1943, la ligne de démarcation est officiellement supprimée.

La ligne de démarcation en Indre-et-Loire

La position stratégique de Bléré 

Bléré est situé à un endroit particulier de la ligne, car la situation topographique entre vallée du Cher et plateau a obligé à placer 6 postes allemands de surveillance. Le franchissement y était donc difficile.  

L’un des passeurs, Louis Leloup, a ainsi conduit des centaines de prisonniers évadés et des militaires des troupes alliés, essentiellement de nuit, suivant un itinéraire, qui partant du bourg de Bléré, passait entre la Croix-de Beauchêne et la “barrière” des canaux, et au dessus de la Roche, pour arriver jusqu’au poste français des Ouches : un itinéraire de 2 km, qui n’empruntait que des terres cultivées et des vignes, longeant les chemins de terre, évitant les fermes et les hameaux. Il fallait bien connaître le terrain, pour ne pas retomber en zone occupée, notamment pour la partie “en hernie”, près de la Croix-de-Beauchêne.  

Bléré. Tracé de la ligne de démarcation ( en vert) . PA: Postes Allemands ; PF : Postes français

La reconstitution mémorielle de juillet 2021

Afin de mieux faire comprendre ce qu’avait représenté la ligne de démarcation, l’Association des officiers de réserve et des réservistes de Touraine avait choisi que le franchissement de la ligne ne soit pas vécu en spectateur mais en acteur. Celles et ceux qui voulaient passer la ligne étaient divisés en 3 groupes : 

  • les autorisés, plus âgés, en voiture, et munis de laissez-passer 
  • les évadés : militaires français ou étrangers , disposant d’une bonne condition physique
  • les fugitifs : groupes ou familles, souvent chargés de bagages

Pour plus de véracité, les personnes devaient s’habiller comme en 1940. 

Sources : Les archives de Touraine et le flyer de l’AORT