Bruges

La ville de Bruges

Bruges apparaît au Moyen Âge en tant que place fortifiée située le long d’un bras de mer, le Zwin. Baudouin, vassal du roi carolingien Charles le Chauve, y habitait avec Judith, la fille de celui-ci qu’il avait enlevée. Pour prévenir de nouvelles querelles, le roi avait envoyé son vassal Baudouin en pays flamand où une population peu nombreuse craignait les invasions normandes qui ravageaient le littoral (Thérouanne, Dixmude, Saint-Omer, Gand…).

Baudouin fonde le comté de Flandre et étend son domaine de la région côtière jusqu’à l’Escaut et l’Artois. Il fait construire la place forte de Bruges en utilisant notamment les pierres de la cité d’Oudenburg9. Nous trouvons le nom de Bruges pour la première fois vers 875 sur une pièce de monnaie.

Bruges n’est donc au ixe siècle qu’un rempart avec château et chapelle sur la place où s’élève à présent le Burg (la place du Bourg). Au Burg s’ajoutent un marché, une cour de justice et quelques routes qui mènent à la côte ou à l’intérieur du pays. Des navires viennent y accoster. Ils pénètrent dans l’embouchure du Zwin entre les bancs de sable et la côte flamande. Ainsi Bruges se développe également comme centre commercial.

En 928, Bruges obtient le statut de ville, mais elle n’apparaît alors sur aucune carte. La ville est mentionnée sur un document racontant le transfert d’un crucifix en or vers Bruges, peut-être par peur des incursions vikings et laissant donc penser que Bruges était une ville plus sûre, ce qui laisse supposer des fortifications et une garnison. (Lire la suite)

 

Église Notre Dame

La flèche de cette église, ainsi que le Belfort (Beffroi et Carillon) et la Sint-Salvatorskathedraal (cathédrale Saint-Sauveur), déterminent la« ligne d’horizon »de Bruges. Avec ses 115,5 mètres, c’est la deuxième plus haute tour en brique au monde. »
La Madone de Bruges ou Vierge et l’Enfant est une statue en marbre réalisée par Michel-Ange entre 1501 et 1504 et représentant la Vierge Marie et l’Enfant Jésus. Sa hauteur est de 125 cm. Mausolées du Duc de bourgogne et de la duchesse Marie de Bourgogne. Celui de la duchesse fut réalisé vers 1495-1502. Il est le fruit de la collaboration entre différents artisans : le modèle en bois fut créé par Jan Borreman, tandis que le dinandier bruxellois, Renier van Thienen coula en cuivre ce gisant, ensuite doré par l’orfèvre bruxellois Pieter de Beckere.

 

La dentelle de Bruges

C’est à l’époque où fleurissait l’école de peinture brugeoise que s’est propagée dans les Pays-Bas, cette forme d’artisanat originaire de Venise. La mode réclama bientôt des dentelles à foison pour orner les manches et les cols des femmes des opulents marchands…
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, toutes les cités de Flandre et du nord de la France se mirent à utiliser les indigents pour répondre à une demande croissante. Artisanat individuel, la dentelle était exécutée au logis par des femmes déjà écrasées de tâches ménagères. Le marchand, seul maître pour la fixation du prix du travail fini, fournissait le fil de lin. Pas de corporation pour défendre les droits des dentellières, et pas de célébrité pour les plus habiles d’entre elles… Pourtant, que d’ingéniosité pour réaliser les superbes pièces ouvragées que les Cours d’Europe s’arrachaient ! Que d’efforts consentis, au risque d’y laisser la vue et de s’abîmer les mains, pour orner les parures des élégantes.
Seul produit d’exportation à la suite de la crise du textile flamand, la dentelle s’est longtemps maintenue sur les marchés grâce à son faible coût et à sa qualité. Une ville comme Anvers y employait en 1738 un quart de sa population active, main d’œuvre enfantine incluse. Plus tard, l’invention du tulle mécanique puis du métier Jacquard portèrent un coup fatal à la dentelle artisanale.
La technique de la dentelle au fuseau fut enseignée au début du XXe siècle par des religieuses à leurs petites protégées de Hong-Kong ou des Philippines. Les pièces que vous serez tenté de vous procurer lors de votre séjour sont indubitablement  de la dentelle brugeoise par les motifs et la technique. Mais elles proviennent presque à coup sûr du travail sous-payé de petites mains asiatiques…
La technique du fuseau reste une spécialité brugeoise : le cliquètement de ces outils de bois et la voltige des doigts des dentellières sur un carreau, piqué d’épingles formant un motif ou réseau, suscite toujours l’admiration du visiteur.
Pourtant, rares sont les dentellières encore capables de réaliser le « point de fée », une sorte de chef d’œuvre absolu dans l’art des dentelles, qui nécessitait de 300 à 700 fuseaux !
Bruges et la dentelle sont deux concepts qui se rejoignent, qui s’évoquent mutuellement. Mais cette unité est-elle mythe ou réalité?
Au dix-neuvième siècle et au début du vingtième, la manufacture de dentelle en Flandre était très importante. Dans le monde de la dentelle, la ville de Bruges occupait une position majeure, historique et culturelle, mais plus encore, sa position était d’une importance socio-économique.
Cet aspect souligne le contraste entre deux mondes extrêmes, celui du consommateur, d’une part, et celui du dentellier, d’autre part. De par ses nombreuses écoles de dentellerie et son commerce florissant, Bruges était devenue un haut lieu de la dentelle en Europe.
Lors d’une  exposition de la dentelle religieuse et profane, de la dentelle à l’aiguille et aux fuseaux, des pièces provenant principalement de collections privées ont été présentées. Ont été également exposés des coussins, des fuseaux et d’autres matériaux servant à la dentellerie, qui proviennent des quatre coins de l’Europe. Mais les feux de la rampe sont dirigés sur la ville de Bruges qui, à juste titre, porte le titre de “ville de la dentelle”.

Marieke – Jacques Brel

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