Saché

Le château de Saché 

Le château de Saché est un logis de la Renaissance française mis au goût du xixe siècle par son propriétaire de l’époque, Jean Margonne, qui y reçut souvent Honoré de Balzac. Il est situé sur la commune de Saché située à l’ouest de Tours en France. De 1825 à 1848, Balzac y fait une dizaine de séjours et y trouve le silence et l’austérité qui, loin des turbulences de la vie parisienne et des soucis financiers, lui permettent de travailler de douze à seize heures par jour. Il abrite un musée consacré à Honoré de Balzac depuis 1951.Le château est inscrit au titre des monuments historiques depuis le 11 mai 1932. À l’intérieur, la chambre de Balzac et le grand salon sont classés au titre des monuments historiques depuis 1968, et la salle à manger et son décor de papier peint depuis 1983.

L’église Saint-Martin-de-Vertou

C’est un édifice du xiie siècle, remanié au xiiie siècle et agrandi au xvie siècle. Il fut restauré en 1870. Sa façade occidentale précédée d’un porche en charpente, est percée d’une porte en tiers-point restaurée et d’un oculus à réseau rayonnant. Les deux premières travées de la nef sont du xiiie siècle, voûtées sur croisée d’ogives et éclairées au midi par de hautes fenêtres en tiers points. La troisième et la quatrième travée appartiennent à l’édifice primitif du xiie siècle. Leurs voûtes angevines sur croisées d’ogives ont été relancées dans l’œuvre mais sont plus anciennes que celles des deux premières travées. Ces travées romanes ont conservé trois des fenêtres qui les éclairaient et qui ont été condamnées lors des constructions ultérieures. La troisième travée est flanquée au midi par le clocher élevé au xiiie siècle avec lequel elle communique par une petite porte et où donne accès de l’extérieur une petite porte en arc brisé. Ce clocher carré est ajouré sur chaque face, à l’étage du beffroi, de deux baies en tiers point au-dessus d’une arcature aveugle de deux arceaux. L’abside, à trois pans ajourés chacun d’une fenêtre en lancette, qui termine l’église à l’est est également du xiiie siècle. Elle est voûtée sur cinq branches d’ogives.

Au xvie siècle furent ajoutées à l’église, la nef secondaire et la chapelle seigneuriale. Le collatéral a quatre travées comme la nef majeure à laquelle il a été relié par quatre grandes arcades en tiers-points. Ces travées sont voûtées sur ogives à moulures prismatiques retombant sur des culs-de-lampe. Quant à la chapelle seigneuriale, elle fut édifiée au midi de la quatrième travée de la nef principale. La clef de sa croisée d’ogive était sans doute timbrée d’armoiries qui ont été remplacées par un monogramme. Au pilier oriental de l’arcade reliant les quatrièmes travées des nef est fixée une plaque de marbre gravée d’une longue inscription en mémoire de la bienheureuse Marguerite de Rouxelley, née à Saché en 1607.

Honoré de Balzac

Lorsque lassé de la vie parisienne et de ses tracas Honoré de Balzac venait se ressourcer sur les bords de l’Indre, c’était pour y écrire les plus belles pages de son œuvre gigantesque. Bien que né à Tours où il passe les quinze premières années de sa vie ; il se rend souvent chez M. et Mme de Margonne, voisins de ses parents, lorsqu’ils s’installèrent dans le château de Saché. Balzac déclare dans une lettre : « À Saché, je suis libre et heureux comme un moine dans son monastère… Le ciel est si pur, les chênes si beaux, le calme si vaste ! »

Il décrit ainsi le trajet de Tours à Saché : « Pour aller au château de Frapesle, les gens à pied ou à cheval abrègent la route en passant par les landes dites de Charlemagne… Ces landes plates et sablonneuses, qui vous attristent durant une lieue environ, joignent par un bouquet de bois le chemin de Saché, nom de la commune dont dépend Frapesle. Je suivis le chemin de Saché sur la gauche de la rivière, en observant les détails des collines qui meublent la rive opposée. Puis enfin j’atteignis un parc orné d’arbres centenaires qui m’indiqua le château de Frapesle. J’arrivai précisément à l’heure où la cloche annonçait le déjeuner. »

Ces séjours au château de Saché s’étalèrent de 1824 à 1837, d’autant plus fréquents lorsque ses créanciers parisiens le harcelaient, étaient des vacances laborieuses mises à profit pour commencer ou compléter un ouvrage, pour lequel son éditeur avait souvent déjà fait une large avance. Son emploi du temps relevait du stakhanovisme : levé dès 3 heures du matin, Balzac buvait un café (le premier d’une longue série) et se restaurait. Puis il s’installait dans son lit pour écrire jusque vers 17 heures sans arrêt. Alors il se levait, faisait sa toilette et retrouvait ses hôtes dans le salon ou le jardin du château. Sa journée se terminait vers 22 heures, il regagnait alors sa chambre au deuxième étage.

La vie de château n’était guère un enchantement pour lui ; il disait  « Je suis gêné par la vie de château. Il y a du monde ! Il faut s’habiller à heure fixe. » Mais aussi par la bouche de Félix de Vandenesse : « Le silence est merveilleux » et encore « Je quitte toujours avec regret ce vallon solitaire. » Néanmoins, il profite abondamment de la vue sur la vallée de l’Indre pour imaginer le décor du Lys dans la vallée. C’est ainsi que le petit château de Vonne situé sur la rive droite de l’Indre deviendra Clochegourde et que Frapesle sur la rive gauche sera ValesneLe Lys dans la Vallée est sûrement le plus beau roman d’amour qu’écrivit Balzac en hommage à l’amour de sa jeunesse que fut Laure de Berny. Il décrit à merveille les couleurs des paysages tourangeaux et les ainsi que les charmes des endroits où il a aimé flâner : La Chevrière en face de sa fenêtre sur la rive opposée de l’Indre, les moulins de Pont de Ruan et de Saché, et aussi l’auberge sur la place du village qui dut avoir plus d’une fois sa visite.

Balzac fera son dernier séjour au château de Saché en 1848, pour fuir l’agitation politique de Paris, où il décèdera en 1850.

Alexander CALDER (1898-1976)

Sculpteur et peintre américain né à Philadelphie, ingénieur de formation, il a surtout réalisé des mobiles, assemblages de formes animés par l’air et des stabiles. En 1927, il s’installe à Paris puis en 1953 à Saché d’abord à la Basse Chevrière puis dans le vaste atelier qu’il fit construire sur le coteau surplombant l’Indre, au Carroi. Il n’hésitait pas à offrir ses gouaches et ses petits mobiles à ses amis. Il fit don à la commune de Saché de plusieurs gouaches et surtout du stabile qui se trouve sur la place du village. Calder est mort à New-York en 1976, son atelier accueille maintenant en résidence de jeunes artistes plasticiens. En 2008, une grande exposition intitulée « Calder en Touraine » fut organisée au château de Tours. Elle  retraçait  le long séjour de l’artiste dans la Vallée de l’Indre. Presque une centaine d’œuvres originales furent exposées, peintures, gouaches, tapisseries, sérigraphies, lithographies, mobiles, stabiles, mais aussi des photos, vidéos, livres, dédicaces, la plupart issues de collections privées et beaucoup n’avaient jamais été montrées au public. Beaucoup d’entre elles ont été réalisées à Saché.

Ray SUTTER (1920-1988)

Etudiant à l’Ecole nationale des Arts décoratifs, Ray Sutter participe à de nombreuses expositions dès 1942 et à la libération. C’est à cette époque qu’il  découvre alors la vallée de l’Indre et Saché. Il expose aux salons d’Automne de 1944 à 1947. Il se fait remarquer par des œuvres très construites influencées par Picasso où la couleur domine. Sa peinture évolue vers l’abstraction. Il a conçu et réalisé des vitraux en dalles de verre et ciment armé pour des commandes d’état. Son œuvre comporte des dessins à l’encre, au fusain et des gouaches. Il est ami d’autres artistes notamment Ispoustéguy, sculpteur et le peintre Messagier. A la Basse Chevrière à Saché, il est le voisin immédiat de Calder et a la chance de le côtoyer pendant 20 ans. Il s’est beaucoup inspiré des paysages tourangeaux notamment dans la thématique de l’arbre : peupliers, arbres mais aussi rivière et reflets.

PERSONNAGES CÉLÉBRES AYANT VÉCU OU VIVANT ENCORE À SACHÉ

L’Indre du moulin vert au moulin rouge