La grange aux phonographes

N.R. du C.O. – ACTUALITÉ (Article : Pascal Denis)

La grange aux phonographes : comme une ritournelle…

Le collectionneur ouvre son musée sur rendez-vous et tous les deuxièmes dimanches de chaque mois.

A Luynes, Patrick Villain a réuni dans un musée au parfum rétro 165 phonographes et boîtes à musique rescapés de la Belle Époque. Séquence nostalgie.

 C’est une ancienne grange qui a gardé le doux parfum des dimanches à la campagne et des guinguettes au bord de l’eau. Il y a encore quelques années, le sol était en terre battue. Avec toute la passion qui l’anime, Patrick Villain l’a transformée en une étonnante caverne d’Ali-Baba.

C’est dans ce petit écrin, situé à deux pas du château de Beauvois, qu’il expose depuis trois ans ses trésors : 165 phonographes anciens et boîtes à musique rescapés du Second Empire, de la Belle Époque et des estaminets de l’entre-deux-guerres. « Je ne suis pas sensible à la musique. Ce qui m’intéresse, c’est l’appareil, son mécanisme, ses formes » semble s’excuser le collectionneur qui écume depuis trente-cinq ans les brocantes, les greniers ou les salles des ventes à la recherche de la pièce rare. « Mon premier phonographe, je l’ai acheté par hasard aux enchères à Chinon. Je cherchais une gazinière… », s’amuse Patrick Villain qui se souvient avoir dépensé 50 francs de l’époque.Depuis, ce magasinier (qui est aussi brocanteur à ses heures) s’est piqué au jeu des aiguilles sur les rouleaux de cire. Il a englouti une bonne partie de ses économies dans ces objets précieux aux formes opulentes qui s’épanouissent désormais dans son musée comme autant de fleurs délicates.

Chaque pièce a une histoire. Totalement autodidacte, Patrick Villain est intarissable lorsqu’il s’agit d’évoquer cette machine à sous de 1925, ancêtre du juke-box, ou ce mikiphone portatif de 1920, préfiguration du baladeur de poche et du MP3 d’aujourd’hui. Il confesse une tendresse particulière pour ce petit phono espagnol des années 20 qui accompagnait les nuits canailles d’une maison close. « Chaque pays avait son savoir faire » note le collectionneur qui a réuni des pièces de toute l’Europe, mais aussi des États-Unis ou du Japon. A chaque visite, le guide ne manque pas de (re) mettre en marche ces vestiges d’un autre âge. Il suffit d’entendre la voix chevrotante de Piaf ou de Tino Rossi pour se laisser emporter.

LA GRANGE AUX PHONOGRAPHES, 37230, LUYNES, Ouvert toute l’année sur Rendez-Vous et les deuxièmes dimanche du mois, Tél. 02 47 55 55 13

 

J’ajouterai : un excellent accueil, un partage assuré de la passion des phonographes, un grand moment de souvenirs pour les plus de 50 ans… et oui !