Coiffes Tourangelles

 

Dans ce que les générations se transmettent tout n’est pas patrimoine. Celui-ci se construit dans la durée, entre autrefois et l’aujourd’hui. Le patrimoine n’a de sens que comme passerelle entre une culture d’autrefois qui témoigne du passé et une autre qui reste à venir. Les coiffes témoignent, elles sont des lectures de vies de femmes, de leur identité, des grands moments de leur existence : enfance, puberté, mariage, naissances, travail, cérémonies, mort des proches et vie quotidienne 
Parcourir l’univers des coiffes, c’est aussi mesurer les effets d’une globalisation sur plusieurs siècles qui dissout peu à peu les codes vestimentaires, identitaires, pour s’ouvrir à la ville et à l’industrie, puis à la mode et aujourd’hui à un standard mondial.
Par un simple voile, un petit bonnet de coton ou un hennin sophistiqué, chaque femme, quelle que soit son appartenance sociale ou religieuse, se devait de couvrir ses cheveux… Quelques dates :1789 : l’abolition des privilèges ouvre l’accés au port de la soie, des dentelles et des broderies devient possible à toutes les femmes, quelque soit leur appartenance sociale.
1870 : l’absence des hommes contraint le femmes à gagner du temps : les ajours à l’aiguille disparaissent pour laisser la place à la dentelle mécanique. Anecdote: le port de la jupe courte aurait été initié par les vendéennes afin d’attirer le peu d’hommes restants.Au début du XIXe siècle, au simple rôle utilitaire que jouait le bonnet porté par les paysannes, va se substituer un véritable code d’identité culturel et social de la femme. Cette évolution va débuter à la restauration, vers 1815 et la guerre de 1914 en achèvera le déclin.

Symbolique du 7     Structure et confection d’une coiffe

Remerciements particuliers à Geneviève et Patrice A. et à  Jocelyne D. pour m’avoir permis de photographier leurs collections et tout particulièrement à Jocelyne pour le temps qu’elle m’a consacré et dont j’ai tenté de transmettre les connaissances dans cet article… 


 

Enfance

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Puberté :  La petite fille ne prend la coiffe que lorsqu’elle est pubère, puis jeune fille ou fiancée. Celle-ci n’est ornée que d’une seule fleur, qui n’est pas entourée d’une couronne de fleur (parure réservée au jour du mariage).

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Mariage
Coiffes de mariage : La coiffe du jour du mariage était généralement ornée d’une fleur entourée d’une couronne de fleurs.

 Coiffes de lendemain de mariage : modèle à 2 fleurs ou à 7 fleurs, gardé jusqu’à la naissance du premier né . Cette coiffe était, selon la légende, d’une part offerte par la belle-mère, d’autre part placée alors dans le globe de la mariée. ce dernier était  ensuite célé  et n’était ouvert que le jour du décès de la femme afin de l’habiller  pour le dernier voyage , montrant ainsi qu’elle était mariée devant les hommes et devant Dieu. 

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Naissances : Pour la naissance , hormis le baptême, aucun rite d’intégration n’a été identifié. Pour le baptême l’enfant portait un petit bonnet rond sans bride, appelé « chrême ». Ce bonnet était conservé pour les autres baptêmes éventuels 

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Travail : Portés par les nourrices, les cuisinières, les repasseuses, les femmes de chambre, etc… ces coiffes avaient la même forme dans les maisons bourgeoises que dans les châteaux..

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Cérémonies

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Mort des proches : Leur broderie est disccrète, noire, faite au plumetis ou au point de Bauvais. Elle se compose toujours de pois noirs et le noeud est noir. Au bout de quelques mois, voir une année, les pois noirs étaient remplacés par des pois balancs. Alors, ce bonnet pouvait être considéré comme un bonnet de demi deuil.

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Vie quotidienne

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Symbolique du 7: Chiffre hautement symbolique : Sept animaux de chaque espèce sauvés du déluge, sept lampes qui sont les sept esprits de Dieu, sept tête de la bête de l’apocalypse, sept péchés capitaux, sept vertus demandées à la femme à son mariage avant 1890 : foi, espérance,charité, tempérance, justice, force, prudence… A chacun de choisir… 

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Structure et confection d’une coiffe
La coiffe se compose de quatre éléments principaux :

Le fond de coiffe, généralement la partie la plus décorée, était protégé des cheveux par une sous coiffe, les cheveux étaient remontés en  chignon.

 

 

 

 

 

  La passe, cordon placé autour du bonnet.

 

 

 

 

 La lite, en tulle, dentelle ou mousseline gaufrée bordant le passe. Cette partie s’appelait « paillé » car l’ondulation était réalisée, après amidonnage, avec des pailles de seigle.

 

 

 

 

 

 Le ruban, de soie brochée, de faille ou de moire, il set à masquer le cordon de serrage. Avant l’apparition des broderies, les coiffes n’était pas toujours portées avec des rubans.

 
 

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Miranda-Shvangiradze

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