Château de Candé

Le premier seigneur de Candé identifié se nomme Macé de Larçay (1313).

Au début du XVIe siècle, François Briçonnet (?-1504), maire de Tours (1er novembre 149930 octobre 1500) et Maître de la Chambre aux Deniers du Roi, fait construire un pavillon Renaissance, à l’emplacement de l’ancienne forteresse. Il meurt avant l’achèvement des travaux, terminés par sa fille, Jeanne, en 1508.

Plusieurs propriétaires vont alors se succéder, sans apporter de véritables transformations au château. Dans l’acte de vente du 28 juin 1715, passé entre Georges de Guénand et Pierre Anguille de la Niverdière, il est écrit que le domaine consiste en château maison forte, enclos de murs, douves et fossés, pont-levis, cours, coursières, granges, jardins, vergers, terres labourables, vignes, près, bois de hautes futaies et taillis, garennes, moulin droit de pêche […]. Le 24 juin 1853, Santiago Drake del Castillo, héritier d’un riche planteur anglo-cubain, acquiert le château et entreprend à son tour une nouvelle métamorphose de la demeure selon les plans de Jacques-Aimé Meffre, architecte tourangeau réputé. Il fait ajouter l’aile nord, dans le style néogothique, et triple la superficie habitable.

En 1927, Charles Bedaux, riche industriel franco-américain, et son épouse, Fern, rachètent le château à Jean Drake del Castillo, petit-fils de Santiago. Ils effectuent de grands travaux qui allient modernité, confort et esthétique : modernisation du système d’approvisionnement en eau, augmentation de la capacité électrique et installation du chauffage central dans toutes les pièces (60 tonnes de tuyaux sont dissimulés dans les murs). Ainsi, chacune des huit chambres est pourvue d’une salle de bain de style art déco, alimentée en eau chaude « à volonté », d’une baignoire équipée d’un système américain permettant de la remplir et de la vider en moins d’une minute, d’un porte-serviette chauffant et de toilettes (auparavant, la pression ne permettait pas de distribuer l’eau dans les étages). Bedaux fait également installer un central téléphonique de 80 lignes, équipement alors unique en France dans une résidence privée (plus performant que celui des Postes Françaises de l’époque !), directement relié au central de Tours, et qui nécessite la présence d’une standardiste au château. Enfin, il fait aménager un golf 18 trous, une salle de culture physique, un solarium et un orgue.

Le 3 juin 1937, a lieu le mariage de l’ex-roi d’Angleterre, Édouard VIII du Royaume-Uni (devenu duc de Windsor) et de Wallis Warfield.

En 1939, une partie du château est louée pour 30 dollars à l’ambassade américaine, pour lui servir de repli. Elle accueille de nombreux diplomates dont Robert Murphy et l’ambassadeur William C. Bullitt

À la mort de Fern, en 1972, le château est légué à l’État, qui le rétrocède en 1974 au Conseil Général d’Indre-et-Loire.

Le nom du domaine viendrait d’une étymologie gauloise signifiant « confluence ». En effet, plusieurs ruisseaux traversent le domaine et l’un d’eux, le Saint-Laurent, se jette dans l’Indre.

L’orgue

Les Bedaux font installer, dans la bibliothèque, un orgue de résidence à jeu automatique. Ils font appel à un grand facteur d’orgue américain, Ernest Martin Skinner. Classé Monument Historique le 20 décembre 1993, il fait partie des 20 derniers modèles existants dans le monde, dont seulement trois sont encore en état de fonctionnement.

L’orgue occupe trois niveaux du château. Au rez-de-chaussée, dans la bibliothèque, on peut voir la console, avec ses trois claviers de 61 notes chacun, ses boutons de registres et son pédalier de 32 notes. Au premier étage sont installés les 1878 tuyaux d’orgue et les contacteurs, et au troisième étage, la soufflerie électro-pneumatique.