Cathédrale Saint Gatien – Tours

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La cathédrale Saint-Gatien a été construite entre 1170 et 1547. Lors de sa création, elle était située presque au débouché du pont franchissant la Loire contrôlé par le château de Tours, sur la route reliant Paris au sud-ouest de la France. Elle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques 

La première cathédrale Saint-Maurice a été édifiée par Lidoire, évêque de Tours de 337 à 371 et prédécesseur de Martin. Incendiée en 561, elle est restaurée par Grégoire de Tours et dédicacée en 590. Du fait de son emplacement, à l’angle sud-ouest du castrum, et de son orientation à l’est, l’accès se faisait, sinon au travers de l’enceinte tardo-antique, du moins en baïonnette depuis la voie traversant la cité ; une telle configuration est rare. La cathédrale de Tours est reconstruite au cours du deuxième quart du XIIe siècle et est incendiée en 1166 lors des luttes entre Louis VII de France et Henri II d’Angleterre, comte d’Anjou. On ne connaît pas le plan de cet édifice. La cathédrale actuelle remplace cet édifice roman. La première campagne a concerné le croisillon sud et les tours, dès 1170. Le chœur est reconstruit de 1236 à 1279 par Étienne de Mortagne. C’est la nef qui a demandé le plus de temps pour son édification. L’architecte Simon du Mans reconstruit le transept et entame la nef, dont six travées, bas-côtés et chapelles sont édifiés au XIVe siècle — les deux premières travées correspondent à celles de l’ancienne cathédrale romane et remontent au XIIe siècle. La nef n’est achevée qu’au XVe siècle par les architectes Jean de Dammartin, Jean Papin et Jean Durand, grâce aux libéralités accordées par Charles VII et le duc de Bretagne Jean V. À l’occasion de l’édification du bâtiment actuel, la nef a donc été allongée vers l’ouest et les tours encadrant l’entrée sont élevées en dehors de l’ancienne cité, accentuant la particularité de l’édifice mentionnée supra ; l’enceinte tardo-antique est visible en coupe à l’arrière des tours depuis le nord. En 1356, la cathédrale reçoit le nouveau vocable de Gatien. La façade a perdu les grandes statues des piédroits, détruites par les protestants au cours des guerres de Religion. Mais elle demeure une des plus extraordinaires créations du gothique flamboyant dans ce qu’il a de plus exubérant, véritable dentelle de pierre sans guère d’équivalent, chef-d’œuvre décoratif de premier plan. Les tours sont élevées dans la première moitié du XVIe siècle : la tour nord a été édifiée en 1507 par Pierre de Valence, et la tour sud entre 1534 et 1547 par Pierre Gadier.

 

 Sommaire
 Architecture  Nef   Choeur
 Transept sud et buffet d’orgue  Déambulatoire et Chapelles rayonnantes  Transept nord
Colatéraux  Tombeau  Mobilier
   Vitraux  

 

Architecture

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  • Longueur totale : 100 m
  • Largeur : 28 m
  • Largeur du transept : 46 m
  • Hauteur sous les voûtes : 29 m 
  • Hauteur sous les bas-côtés : 11 m
  • Hauteur de la tour nord : 68 m
  • Hauteur de la tour sud : 69 m

 

De style gothique flamboyant, Le qualificatif flamboyant aurait été employé la première fois par Eustache-Hyacinthe Langlois, « antiquaire » normand, pour décrire les motifs en forme de flammes (soufflets et mouchettes) que l’on peut voir dans les remplages des baies, des rosaces ou sur les gâbles par exemple. 

 

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Nef   

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La longueur totale de la cathédrale Saint-Gatien est de 97 mètres, la hauteur des voûtes de 29 mètres. Au centre, la magnifique verrière de l’abside date des années 1260-1267. Elle domine un chœur de style gothique rayonnant érigé grâce aux largesses de saint Louis.
La nef comprend huit travées. Les huit premières sont du XVe siècle, les deux plus éloignées remontent à la cathédrale romane du XIIe siècle. 

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Choeur

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Le chœur est reconstruit de 1236 à 1279 par Étienne de Mortagne sera achevé sous le règne de Saint Louis. Il est entouré de quatorze piliers cylindriques avec quatre colonnettes accolées. Les piliers sont des cylindres massifs flanqués de quatre colonnes engagés de moins de la moitié. Les deux piliers d’entrée du choeur sont plus massifs et robustes (cf photo de gauche), ils ont été réalisés au XIIIème puis repris au XIVème siècle. Les colonnes montent directement aux voûtes. Les voûtes sont formées de croisées d’ogive, la voûte de l’abside est à six branches (cf photo ci-dessus à droite).

Les arcades sont brisées et moulurées par des rouleaux. Au dessus d’elles se situe un triforium à claire-voie avec des arcades géminées, une balustrade est réalisée côté intérieur. Les grandes fenêtres occupent le troisième étage du choeur, elles sont larges dans la partie droite, elles deviennent plus étroites dans la partie circulaire. Elles comportent un des plus beaux ensembles de verrières du XIIIème siècle.

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Transept sud et buffet d’orgue

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Le bras Sud du Transept conserve des parties Romanes du XIIème siècle mais l’essentiel est du XIVème siècle. La Rosace est considérée comme l’une des plus belles du XIIIe siècle, elle se développe selon trois cercles concentriques coupés par les meneaux qui rayonnent à partir de l’oeil central . Les vitraux figurent des anges, des saints et des évêques.

Somptueux buffet d’orgue  dans le bras sud du transept. Celui-ci aurait été offert par l’archevêque Martin de Beaune au XVIe siècle mais cette tradition n’est pas documentée. Endommagé pendant les guerres de Religion, il a subi ensuite plusieurs restaurations et même au XVIIe siècle une véritable reconstruction, sans doute vers 1620. Le style du buffet actuel est d’ailleurs assez caractéristique de cette époque.

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Déambulatoire et Chapelles rayonnantes

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Le Choeur est bordé par un déambulatoire sur lequel s’ouvrent cinq chapelles rayonnantes qui correspondent aux cinq arcades tournantes. Une nervure renforce la partie la plus large de la voûte et divise celle-ci en cinq branches, elle rencontre ensuite la clef de l’arcade d’entrée dans les chapelles. Les arcs-doubleaux qui séparent les voûtes retombent , du côté des chapelles, sur des groupes de trois colonnes.

Les Chapelles sont en hémicycle à la base puis pentagonales pour faciliter la réalisation des fenêtres. Celles-ci sont au nombre de trois dans chaque chapelle et sont dépourvues de meneaux,leur décoration est analogue à celle du Choeur. Ces chapelles sont voûtées de sept branches d’ogives, l’une d’elles rejoint la clef de l’arcade d’entrée, les six autres retombent sur les colonnettes montantes.

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Transept nord

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Le bras Nord du Transept est du XIVème siècle  Il surmonte une crypte dont les murs ont servi pour ses fondations. Rapidement la solidité du croisillon n’a pas été jugée satisfaisante et les angles ont été renforcés par un contrebuttement extérieur effectué par un double étage d’arcs-boutants placés en biais.

La Rosace a été étayée par une épine de pierre verticale. Sous cette Rosace, la claire-voie est garnie de vitraux. Cette Rosace est originale, elle s’inscrit dans un carré dont les quatre écoinçons sont ajourés. Au centre se situe le symbole de la divinité: un noeud sans commencement ni fin. Autour la Vierge à l’enfant et les apôtres, les prophètes et les ancêtres du Christ. Les quatre évangélistes sont dans les écoinçons.

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Colatéraux

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Le vaisseau central de la Nef est bordé d’un bas côté (collatéral) de part et d’autre. Ils sont voûtés en ogives et desservent des chapelles rectangulaires. Ces chapelles contiennent des tableaux, certains sont intéressants, ils sont en général des XVIIème et XVIIIèmes siècles.

 

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Tombeau

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Ce tombeau concerne les enfants du roi Charles VIII et d’Anne de Bretagne, Charles Orland et Charles, qui sont morts très jeunes. Initialement placé, en 1506, dans la Basilique Saint Martin, le tombeau a été déplacé en 1815 dans la Cathédrale dans la première chapelle au Sud du déambulatoire. Les gisants des deux enfants reposent allongés sur une dalle de marbre très décorée, ils ont été réalisés par Guillaume Regnault qui faisait partie de l’atelier de Michel Colombe. Les visages sont délicats, les drapés des manteaux sont parsemés de fleurs de lys et de dauphins, ils sont sobres.
La cuve du tombeau est l’oeuvre d’un Italien, Jérome de Fiésole, que le roi Charles VIII a ramené d’Italie. Le décor ornemental et les sculptures sont très fins et minutieux avec un caractère italien marqué, les angles sont ornés de dauphins et de pattes de lions.

 

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Mobilier

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Depuis 2011, la cathédrale abrite un monument rare : un grand tabernacle du XVIIe siècle en chêne plaqué d’ébène et d’ivoire, ayant appartenu à une chartreuse puis au carmel de Créteil et donné par celui-ci à l’État dans les années 1950. Il ornait depuis 1963 la chapelle du château de Chambord mais le domaine désirant se remeubler uniquement en objets appartenant à son histoire, le tabernacle a été transféré par les instances compétentes à la cathédrale Saint-Gatien où il a fait l’objet d’une rénovation d’ampleur pour la somme de 68 349 €, somme comprenant la création d’un soubassement et l’installation d’une grille de protection. Il est désormais exposé dans une des chapelles du déambulatoire.

 

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Vitraux

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Sur le plan architectural, Saint-Gatien, pourtant très bel édifice, n’est cependant pas reconnu comme une des cathédrales gothiques majeures de la France. Mais elle possède un joyau exceptionnel : sa collection de vitraux. Les plus beaux, éblouissants, ornent les chapelles du déambulatoire et les fenêtres hautes du chœur. C’est un des plus parfaits ensembles du XIIIe siècle (vitraux à médaillons) existant en Europe, complet, intact, multicolore, très varié. Il faut ajouter les deux roses du transept, du XIVe siècle, ainsi que ceux de la nef et de la façade, du XVe. Un autre beau vitrail du XVe siècle orne une des chapelles du bas-côté sud.

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Lien vers : Les illusions de la cathédrale Saint Gatien 2016

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